La Vague Mahina

La Vague Mahina Table d’hôte bord de plage où déguster une cuisine légère et raffinée.

Chef de cuisine pâtissière, je vous ferai découvrir autour d'un repas convivial une cuisine légère et raffinée. Je travaille des produits de qualité, produits bio ou cultivés naturellement pour les légumes, bio ou fermiers pour la volaille.

A lire, cela peut nous redonner de l'espoir, mais il faudra se battre
15/11/2020

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Entretien avec l'Antidiplomatico

UNE EXPLICATION CLAIRE pour que les pays arrivent à gérer cette pandémie
08/11/2020

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ce qui l'on veut nous faire croire sur la Suède qui a fait la même chose que les EU ; résultat beaucoup de morts
30/10/2020

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Santé 29.octobre.202029.10.2020 // Les Crises Suède : La réponse face à la Covid-19 est un échec cuisant, un anti-modèle pour le reste du monde Coronavirus, Covid-19, SRAS-2 Merci 1028 Je Tweet J'envoie Nous vous proposons aujourd’hui un article détaillant la situation en Suède, qui est au...

hélas, non, nous avons tout compris Merci Bruno
21/10/2020

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Aucun gouvernement occidental n'a livré des armes aux terroristes en Syrie, le New York Times n'a jamais révélé l'opération Timber Sycamore, Fabius n'a jamais dit que le Front Al-Nosra faisait du "bon boulot", Lafarge n'a jamais collaboré avec Daech, (...)

11/10/2020

une vraie analyse de fond sur l'avenir des Peuples
le covid n'a été qu'une opportunité pour accélérer les choses

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Covid et capitalisme
Une nouvelle application de la stratégie du choc
par Denis COLLIN, le 5 octobre 2020

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La stra­té­gie du choc : C’est sous ce titre que Naomi Klein avait publié, il y a quel­ques années, un essai qui mon­trait com­ment la classe domi­nante met­tait à son profit toutes les catas­tro­phes « natu­rel­les » pour conqué­rir de nou­vel­les posi­tions face aux tra­vailleurs et aux popu­la­tions oppri­mées. L’exem­ple de « Katrina » qui a ravagé la ville La Nouvelle Orléans en 2005 est para­dig­ma­ti­que. Évidemment, les capi­ta­lis­tes n’ont pas sus­cité l’oura­gan (ils ne gou­ver­nent pas la météo), mais les rava­ges causés par l’oura­gan ont contraint les habi­tants noirs à quit­ter leurs quar­tiers qui ont pu être livrés à la spé­cu­la­tion immo­bi­lière dans le cadre des opé­ra­tions de recons­truc­tion.

La Covid-19 pour­rait lar­ge­ment être réin­ter­pré­tée selon cette grille. Le nou­veau coro­na­vi­rus n’a pas été une créa­tion de la CIA ou des labo­ra­toi­res chi­nois ou d’on ne sait qui. Mais la pan­dé­mie a fini par créer un effet d’aubaine dont se sont sai­sies les clas­ses domi­nan­tes pour pro­cé­der à une réor­ga­ni­sa­tion de fond en comble du sys­tème capi­ta­lise mon­dial. Le diag­nos­tic porté par l’économiste Robert Boyer selon qui « le capi­ta­lisme sor­tira ren­forcé de la pan­dé­mie » est pres­que évident pour qui réflé­chit un tant soit peu.

Le confi­ne­ment du prin­temps 2020 – « lock­down » comme disent les Italiens – a été pré­senté comme l’orga­ni­sa­tion du sacri­fice de l’économie pour sauver les vieux – les vic­ti­mes de la Covid-19 ont en moyenne 84 ans – et mon­tre­rait ainsi que nos diri­geants ne pen­sent pas qu’à rem­plir les poches des mil­liar­dai­res, mais sont prêts à sacri­fier ces inté­rêts des puis­sants au bien-être des plus vul­né­ra­bles. Ceux qui refu­sent le confi­ne­ment, y com­pris le confi­ne­ment allégé de cet été, seraient de sales égoïstes qui pré­fè­rent leur liberté au bien des autres, en même temps que des obs­cu­ran­tis­tes inca­pa­bles d’accep­ter les résul­tats de « LA SCIENCE », si bien repré­sen­tée par le « conseil scien­ti­fi­que » qui four­nit au gou­ver­ne­ment fran­çais ses argu­ments et ses pistes pour la prise de déci­sion poli­ti­que. La crise économique ne serait ainsi que la triste consé­quence, pres­que col­la­té­rale, de cette situa­tion : on ne fait pas d’ome­lette sans casser les œufs et on ne sauve pas les vieux sans quel­ques dom­ma­ges économiques.

Ce joli récit pour faire pleu­rer dans les chau­miè­res ne tient cepen­dant pas long­temps face à la réa­lité. Tout d’abord, pour partie, les diver­ses mesu­res gou­ver­ne­men­ta­les et notam­ment le confi­ne­ment (en France comme en Italie ou en Espagne) n’ont jamais eu pour but d’enrayer la pan­dé­mie, mais seu­le­ment de « lisser la courbe », c’est-à-dire de retar­der les arri­vées à l’hôpi­tal car le sys­tème hos­pi­ta­lier n’aurait pas pu faire face à un pic brutal. Mais pour­quoi n’aurait-il pas pu faire face, notam­ment chez nous qui avons le « meilleur sys­tème de santé du monde » ? Tout sim­ple­ment parce que des dizai­nes de mil­liers de lits (et le per­son­nel affé­rent) ont été sup­pri­més au cours des der­niè­res années pour des rai­sons bud­gé­tai­res, pour ren­trer dans les fameux « cri­tè­res » de l’UE et pour enrayer la montée (iné­luc­ta­ble avec le vieillis­se­ment) des coûts. Les gou­ver­ne­ments ont-ils tiré les leçons de cette situa­tion ? Que nenni ! En France, la restruc­tu­ra­tion du sys­tème hos­pi­ta­lier conti­nue pen­dant la crise. Encore hier, on appre­nait que la cham­bre régio­nale des comp­tes pro­pose de réduire sérieu­se­ment la voi­lure pour le CHU de Toulouse… Tout le reste est à l’ave­nant. On se sou­vient de la comé­die des mas­ques jouée par l’iné­nar­ra­ble Sybeth N’Diaye. On se sou­vient du minis­tre de la Santé expli­quant doc­te­ment que les mas­ques et les tests, « ce n’est pas notre stra­té­gie », tout sim­ple­ment parce qu’il n’y avait ni mas­ques ni tests… Ensuite, du masque nulle part on passe au masque par­tout, du zéro test à la course au test, à tel point que les labo­ra­toi­res ne sui­vent plus et que des tests dont les résul­tats sont déli­vrés à sept ou dix jours n’ont plus aucune per­ti­nence.

Improvisation, chaos bureau­cra­ti­que, morgue des « sachants », tout cela prend un sens, peut-être même à l’insu des acteurs : on habi­tue pro­gres­si­ve­ment les citoyens à enten­dre sans mau­gréer une chose et son contraire, à se plier à des ordres plus absur­des les uns que les autres. Les citoyens peu­vent penser et dire ce qu’ils veu­lent sur les réseaux sociaux, l’essen­tiel est qu’ils res­pec­tent les signes exté­rieurs de l’obéis­sance. On reconnaît là le vigou­reux com­men­ce­ment du tota­li­ta­risme, un tota­li­ta­risme d’un genre nou­veau, sans camps ni exé­cu­tions des oppo­sants, mais une prise de contrôle pro­gres­sive des cons­cien­ces. Le gou­ver­ne­ment annonce qu’il n’enverra pas la police pour véri­fier si les ras­sem­ble­ments fami­liaux ne dépas­sent pas le jauge : cela veut tout sim­ple­ment dire qu’il y pense et que la vie privée ne sera bien­tôt plus privée du tout et que les pan­do­res pour­ront ren­trer chez vous pour véri­fier si vous gardez bien le masque quand vous ren­contrez votre amant ou votre maî­tresse ! Qu’est-ce donc que cela sinon un « sys­tème tota­li­taire », un sys­tème par­fai­te­ment adé­quat au projet déve­loppé non pas seu­le­ment en Chine, mais d’abord aux États-Unis, un projet de contrôle total des popu­la­tions.

« Pourquoi font-ils tout cela puis­que ça ruine l’économie ? Comment peux-tu mettre sérieu­se­ment en cause les bonnes inten­tions du gou­ver­ne­ment ? » La réa­lité est autre et l’ana­lyse permet de mieux com­pren­dre ce qui se passe. La crise n’est pas une consé­quence de la pan­dé­mie, elle lui préexiste et la pan­dé­mie n’est que l’occa­sion de son explo­sion que de très nom­breux économistes annon­çaient en 2018/2019. Un exem­ple : l’auto­mo­bile est un sec­teur qui va subir une pro­fonde « restruc­tu­ra­tion », c’est-à-dire des des­truc­tions mas­si­ves de capi­tal … et de force de tra­vail. La crise de sur­pro­duc­tion était là depuis plu­sieurs mois. Le tour­nant vers le « tout électrique » devait être le pré­texte à des fer­me­tu­res d’usine, des licen­cie­ments mas­sifs, etc. L’arrêt des chaî­nes pen­dant plu­sieurs semai­nes est oppor­tu­né­ment venu faire bais­ser la ten­sion. Mais Covid ou pas Covid, FCA et PSA fusion­nent pour cons­ti­tuer un géant de l’auto­mo­bile avec les mesu­res de ratio­na­li­sa­tion qui vont s’impo­ser : on conti­nuera de fabri­quer des FIAT, mais les moteurs seront PSA, etc., et les délo­ca­li­sa­tions vont se mul­ti­plier. D’ores et déjà, c’est en Inde (le cœur de cible désor­mais de l’entre­prise) qu’est délo­ca­li­sée la concep­tion de la nou­velle gamme… La situa­tion de l’économie en France ou Italie ne sera qu’un souci mar­gi­nal pour « Stellantis », la société résul­tant de la fusion PSA-FCA dont le siège sera à Amsterdam. Il faut regar­der les gigan­tes­ques bou­le­ver­se­ments que subit le mode de pro­duc­tion global pour com­pren­dre la réa­lité des poli­ti­ques gou­ver­ne­men­ta­les.

Quand on parle de « crise », il est tou­jours utile de pré­ci­ser « crise pour qui ? ». Les nou­veaux sec­teurs du com­merce de plate-forme ont connu un déve­lop­pe­ment très impor­tant sti­mulé par le confi­ne­ment ! Amazon et ses concur­rents mais aussi les « hyper » qui sont restés ouverts pen­dant le confi­ne­ment ont tiré les mar­rons du feu. Le confi­ne­ment et ce qui va avec ont permis d’accé­lé­rer les muta­tions en cours dans le com­merce. Il y avait 600 000 bis­trots en France en 1960, il en reste moins de 34 000 ! Les chaî­nes de type « Starbucks » occu­pent pro­gres­si­ve­ment le ter­rain. De même, les peti­tes épiceries de quar­tier dis­pa­rais­sent (y com­pris « l’Arabe du coin ») au profit des supé­ret­tes type « Carrefour city ». La pan­dé­mie accé­lère et va encore accé­lé­rer le « net­toyage » et la fin de la petite bour­geoi­sie tra­di­tion­nelle.

Encore une remar­que : la pan­dé­mie consa­cre le triom­phe du « numé­ri­que ». La vie sociale inter­dite en « pré­sen­tiel » passe par les réseaux. On s’habi­tue aux réu­nions et aux confé­ren­ces « zoom ». Les écoles et les uni­ver­si­tés met­tent en place l’ensei­gne­ment à dis­tance (le « dis­tan­ciel ») qui était en projet depuis long­temps que, mira­cle, la « force des choses » vient impo­ser. On nous dira que les plus défa­vo­ri­sés vont être perdus par cette nou­velle école à dis­tance. Mais les plus défa­vo­ri­sés, tout le monde s’en moque. Ce sont ces élèves sur­nu­mé­rai­res que l’école doit occu­per (voire direc­ti­ves de l’OCDE 1996) et qui peu­vent sans pro­blème passer aux pertes et pro­fits. Pour livrer les pizzas, il n’est utile d’être titu­laire d’un doc­to­rat en phy­si­que. Une minis­tre cana­dienne pro­po­sait les rap­ports sexuels en solo pour lutter contre la pan­dé­mie : peut-être trou­vera-t-on le moyen de faire des rap­ports sexuels en numé­ri­que avec des cas­ques de « réa­lité vir­tuelle » et des vibro­mas­seurs connec­tés en « blue­tooth ». En atten­dant, on mul­ti­plie les consul­ta­tions médi­ca­les en « dis­tan­ciel ». Évidemment, il faudra tou­jours des « epsi­lon » (voir Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley) pour s’occu­per de la matière, pour poser les câbles, cons­truire et entre­te­nir les bâti­ments ou faire pous­ser des plan­tes et élever des bêtes avant que la chimie végan n’ait pris la place : l’immense armée des pré­ca­ri­sés déqua­li­fiés y pour­voira. La pan­dé­mie aura donc permis de cerner les contours du déve­lop­pe­ment du « capi­ta­lisme absolu » qui est en ges­ta­tion depuis deux ou trois décen­nies.

Certes, il y a une mala­die réelle qu’il faut soi­gner et dont il faut éviter la pro­pa­ga­tion par des mesu­res cir­cons­tan­ciées (tester, isoler, soi­gner) et peut-être même les mas­ques sont-ils utiles dans les maga­sins et autres lieux fermés. Se laver les mains ne peut pas nuire ! Mais le mélange hal­lu­ci­nant de propos anxio­gè­nes, de mena­ces, de déci­sions arbi­trai­res et de chaos bureau­cra­ti­que auquel nous sommes confron­tés n’est que la forme contin­gente sous laquelle s’avance la trans­for­ma­tion du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste aujourd’hui. Et de cette trans­for­ma­tion, plus le temps passe, plus les citoyens per­dent l’habi­tude de se réunir, de mani­fes­ter, etc., et plus le capi­tal a de chan­ces de sortir le vain­queur et alors pourra se déployer un monde nou­veau qui nous fera regret­ter l’ancien du moins pour ceux qui l’ont connu, mais d’eux on pourra se débar­ras­ser gen­ti­ment dans les EHPAD au moyen du ritro­vil…

Denis Collin, le 5 octo­bre 2020

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mieux vaut lire les infos ' des Crises' que toute autre
22/09/2020

mieux vaut lire les infos ' des Crises' que toute autre

La situation de l’épidémie empire encore. Nous avons donc encore travaillé pour vous proposer de nouveaux graphiques pour mieux comprendre la situation – n’hésitez pas à nous fair…

rantaine/ tests: Un plan pour l'automne (Die Zeit, 5 août 2020)Texte initialement réservé aux abonnés et lecteurs de la ...
30/08/2020

rantaine/ tests: Un plan pour l'automne (Die Zeit, 5 août 2020)
Texte initialement réservé aux abonnés et lecteurs de la version papier et rendu accessible à tous en raison du grand intérêt public.

L'auteur:

Christian Drosten est l'un des spécialistes des coronavirus les plus respectés au monde. Le responsable de la virologie de la Charité de Berlin est également devenu "le grand éclaireur national". Des dizaines de milliers de personnes écoutent son podcast sur la NDR. En janvier 2020, son groupe de recherche a développé la première méthode de détection au monde pour détecter le virus Sars-CoV-2. Plus t**d, il a également conseillé le gouvernement fédéral en tant qu'expert.

Lorsque l'épidémie de Covid 19 a atteint l'Allemagne, le pays a réagi rapidement et bien. Dans pratiquement aucun autre grand pays industriel, si peu de gens sont morts de la maladie. Nous avons pu mieux contrôler cette première vague que beaucoup d'autres car nous avons pu tester tôt et il y avait une plus grande confiance entre société, politique et sciences de l'infection qu'ailleurs. Notre confinement précoce et court a sauvé l'économie de nombreux dommages. Il n’y a pas qu’aux États-Unis que l’on peut voir ce qu’un assouplissement trop précoce, puis une marche arrière, signifie pour l’économie.

Mais maintenant, nous courons le risque de gâcher notre succès. Il y a une raison principale à cela: nous apprenons beaucoup sur le virus, mais nous n’adaptons que timidement nos recommandations. Nous devons nous poser quelques questions: quelles conséquences tirons-nous de la connaissance que le virus se transmet principalement par voie aérienne - pas seulement par la voie classique des gouttelettes, mais aussi par les aérosols? Quelles conséquences en automne et en hiver pour les bâtiments publics, pour les crèches et les écoles, pour les bureaux et les collectivités, pour les hôpitaux et les maisons de retraite? Quand porterons-nous systématiquement notre masque, également sur notre nez, et pas seulement en dessous? Quelles solutions techniques et pragmatiques existe-t-il pour un renouvellement d'air adéquat - dans un pays d'ingénieurs, et non pas un pays d'inquiets? Et comment envisageons-nous l'utilisation des vaccins qui seront certainement disponibles l'année prochaine? Même en n'offrant pas une protection complète, ils ralentiraient considérablement la propagation du virus et rendraient la maladie moins grave.

L'enjeu est de connaître notre marge de manœuvre en attendant qu’un vaccin soit disponible. Une contamination générale mal maîtrisée pourrait détruire nos succès antérieurs, à la fois médicaux et économiques.

Si on veut faire une recommandation d'action judicieuse pour l'automne, on doit d'abord comprendre les différences entre la première et la deuxième vague. La première vague est survenue lorsque le virus a été introduit par des skieurs et autres voyageurs, qui l'ont propagé à l’intérieur de leur groupe d'âge. Il s'en est suivi une propagation parmi les personnes âgées, en particulier dans les maisons de retraite et les établissements de soins. Il a ensuite été possible de contrôler la propagation exponentielle du virus et d'arrêter la première vague sans qu’elle se répande largement. Nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers. À mesure que notre connaissance du pathogène augmente, nous devons réviser nos concepts. Et surtout, il faut se préparer au fait que la deuxième vague aura une dynamique complètement différente.

Alors que le virus s’est introduit dans la population avec la première vague, il va se propager avec la deuxième vague à partir de la population. Car entretemps il s'est répandu de plus en plus uniformément à l’intérieur des couches sociales et des classes d'âge. Et après les vacances, nous verrons que les nouvelles infections seront géographiquement mieux réparties qu'avant.

Tout cela a des conséquences sur la remontée des chaînes de contaminations: alors qu’on a pu remonter jusqu’ici la plupart des chaînes, de nouveaux cas pourront bientôt survenir partout en même temps, dans tous les Kreise, dans toutes les tranches d'âge. Les autorités sanitaires qui manquent de personnels seront alors complètement débordées et ne pourront pas s'occuper de la mise en quarantaine de chaque personne contact. Beaucoup d'entre elles avaient capitulé devant cette tâche lors de la première vague.

Mais sommes-nous pour autant exposés à une deuxième vague sans protection? Non. Si on regarde de plus près, la distribution ne se fait pas homogènement et on peut en profiter. Les spécialistes des infections observent une répartition étonnamment inégale du nombre de contaminations par patient. Le taux de reproduction R ne représente qu'une moyenne. Si on prend une valeur R de 2 comme exemple, chaque patient infecte deux autres. Mais seulement en moyenne. Dans notre exemple, neuf patients sur dix n'en infectent qu'un autre, mais l'un des dix en infecte onze autres. Au total, dix patients sont à l’origine de vingt cas ultérieurs.

N'imaginons pas ces dix personnes infectées en même temps, mais l'une après l'autre, alors nous avons une chaîne d'infection. Neuf des dix cas de cette chaîne sont des émetteurs uniques, et ils ne jouent aucun rôle dans la propagation exponentielle du pathogène. Avec l'un des dix, il y a une transmission multiple, un cluster. Alors que la chaîne se rompt parfois lors de transferts uniques, plusieurs nouvelles chaînes peuvent démarrer à partir d'un cluster. Cela signifie croissance exponentielle.

Cela dépend donc des clusters. Ce sont eux le moteur de l'épidémie. Les autorités doivent concentrer leurs efforts sur eux si la deuxième vague débute à plusieurs endroits en même temps. Comment faire?

Un regard vers le Japon aide. Le pays a mis en garde très tôt ses citoyens contre les foules importantes, les lieux clos et les contacts rapprochés. Comme ailleurs en Asie, les masques sont largement acceptés. Au lieu de tester beaucoup et de manière non ciblée, le Japon a décidé de prévenir les grappes de transmission dès le début. À cette fin, le pays a dressé des listes officielles des situations sociales typiques dans lesquelles les clusters se produisent et les a rendues publiques. Les autorités sanitaires recherchent les cas typiques de clusters dans l'historique des contacts d'un cas reconnu.

Le confinement ciblé des clusters est apparemment plus important que la recherche de cas individuels avec des tests menés à grande échelle. Le Japon a réussi à maîtriser la première vague sans confinement malgré un nombre important d'infections importées.

Je plaide désormais pour que les autorités sanitaires, si elles sont débordées, ne réagissent uniquement (ou du moins principalement) à un test positif que s’il est dû à un cas venant d’un possible cluster. Les nombreux tests que les politiciens préparent actuellement se révéleront bientôt positifs et accableront les autorités sanitaires - on ne peut pas éliminer le virus en testant, et un test positif demande une réaction.

Ce qu’il faut faire: regarder en amont est plus important que regarder en aval. Parce que les contaminations ne sont généralement reconnues que plusieurs jours après l'apparition des symptômes. Le patient a de la fièvre, attend le lendemain, puis va chez le médecin. Il ne reçoit le résultat de son test que le lendemain.
Souvent un autre jour est perdu parce que le patient hésite, le médecin de famille le dissuade ou le laboratoire envoie les prélèvements à un sous-traitant. Donc, généralement au moins quatre jours se sont écoulés depuis que le patient a ressenti les premiers symptômes. À ce stade, il n'est guère contagieux. On sait maintenant que la phase infectieuse dure environ une semaine, dont les deux premiers jours avant l'apparition des symptômes. Certaines autorités sanitaires isolent encore le cas identifié pour éviter qu'il n'en infecte d'autres. Ce n'est pas une erreur, mais cela pourrait tout aussi bien être pris en charge par le médecin de famille du patient.

Le service de santé doit regarder en amont: le patient travaillait-il dans un open-space, était-il à une fête avec des proches alors qu'il était vraiment contagieux, c'est-à-dire deux jours avant l'apparition des symptômes? Plus important encore: où le patient aurait-il pu s'infecter une semaine avant l'apparition des symptômes - cela aurait-il pu se produire dans un cluster? Chaque citoyen devrait tenir un journal de contact cet hiver. En se concentrant sur la source de l'infection, le patient nouvellement diagnostiqué devient un indicateur d’une source d’infections non détectée qui se sont multipliées entre-temps. Les membres d'un cluster source doivent immédiatement être placés en isolement chez eux. Beaucoup d'entre eux pourraient être très contagieux sans le savoir. Il n'y a pas le temps pour les tests. Il faut expliquer ça aux politiciens, aux employeurs et aux citoyens.

Les médecins-conseils savent déjà tout ça et essaient d'agir en conséquence. Mais lorsque plusieurs cas apparaissent, ils subissent une pression énorme - par exemple, pour qu’ils effectuent des tests avant de placer les clusters les plus importants en quarantaine. C'est pourquoi ils ont besoin de directives auxquelles ils peuvent se référer. Quelles situations du quotidien, quelle taille de groupe sont particulièrement risquées? Un cluster source peut être, par exemple, un open-space, une équipe de football ou un cours pour adultes.

Une classe dans une école peut aussi être un cluster, il faut s'y préparer, surtout pour cet automne. Comme il n'y a qu'une faible proportion de cas symptomatiques chez les plus jeunes élèves, chaque cas symptomatique peut signifier qu’il y a un cluster. La stratégie japonaise pourrait aider à garder les écoles ouvertes plus longtemps avant d’avoir à les fermer. La condition préalable est claire: dans le quotidien scolaire, les classes doivent être séparées les unes des autres afin de garder des unités épidémiologiques fermées.

Nous avons besoin de tests de contagiosité plutôt que d'infection

Mais si, dans la dynamique de la seconde vague, on trouvait une foule de clusters partout, n'imposerait-on pas à terme un confinement général? Ne devrait-on pas alors envoyer partout des gens en quarantaine? Et cela ne conduirait-il pas à des résistances?

Peut-être pas si vous utilisez la stratégie à bon escient. Tout d'abord: si vous regardez des données plus récentes sur l'excrétion du virus, l'isolement pendant 5 jours des membres d’un cluster est suffisant, et le week-end peut être compté. J'appellerais cette conjonction de quarantaine et d'isolement "temps d’affaiblissement" pour ne pas diluer la terminologie. À la fin de ces cinq jours (et pas avant), on teste les membres du cluster. Une telle règle unique pour les clusters est gérable et c'est toujours mieux qu'un confinement général.

En outre, nous avons besoin d'un changement crucial de notre stratégie: tester la contagiosité plutôt que l'infection. Les tests PCR courants fournissent déjà les informations au sujet de la charge virale. Une faible charge virale signifie qu'un patient n'est plus contagieux. Si nous osions définir un seuil pour la charge virale à partir des données scientifiques disponibles, les médecins pourraient alors immédiatement libérer les personnes placées en quarantaine se situant sous ce seuil. La plupart le seraient.

Mettre fin à la quarantaine même sans test serait envisageable en temps de crise, car la stratégie des clusters fonctionne de toute façon avec des risques résiduels. Toutes les personnes impliquées doivent accepter qu'il n'est pas possible d’empêcher chaque infection en temps de crise. Très peu de médecins conseils voudraient en assumer seuls la responsabilité. Car en cas de doute, leurs décisions doivent pouvoir tenir devant un tribunal. C'est pourquoi un médecin ne peut souvent rien faire d'autre que de se conformer à des directives externes, comme les recommandations du Robert Koch Institute (RKI). Celles-ci visent un suivi correct et complet des cas. Mais si les autorités sanitaires se retrouvent débordées durant la deuxième vague, il risque d’y avoir un confinement général.

L'expérience d'autres pays nous enseigne déjà qu'il est impossible d'interrompre complètement les transmissions individuelles. Ainsi, dans les moments difficiles, nous devons permettre aux autorités sanitaires d'ignorer le risque résiduel. Il faut déployer le peu de personnel là où ça compte: les clusters.

Les recommandations existantes du RKI sont précises et correctes, mais les bureaux ont aussi besoin de directives pour les moments critiques. Cela inclut une surveillance simplifiée des contacts individuels, une définition des situations de cluster, qui sont immédiatement et unitairement soumis à la quarantaine, ainsi qu'un temps court d’"affaiblissement" des clusters avec une charge virale résiduelle tolérée. Il faut un consensus là-dessus.

Les autorités sanitaires et le RKI ont très bien géré cette pandémie et méritent le plus grand respect pour cela. La deuxième vague oblige désormais l'ensemble de la population, les employeurs et les politiques à réfléchir. Si les infections augmentent brusquement, nous avons besoin d'un moyen pragmatique pour arrêter la multiplication des clusters: sans confinement, mais avec un risque résiduel. Tout le monde doit comprendre et partager cette voie, y compris en respectant certaines mesures telles que le port du masque et une restriction concernant les fêtes privées. Le moment pour une gestion de crise peut varier d'une région à l'autre.

Dans le meilleur des cas, nous n’en aurons pas besoin.

à août 06, 2020 Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
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13/08/2020

LE JUGEMENT MAJORITAIRE une nouvelle façon de voter, certainement une meilleure façon de voter

Deux chercheurs français proposent de réformer le mode de scrutin aux élections en adoptant un système qu'ils appellent "jugement majoritaire". Une idée à creuser pour redonner l’envie d’aller voter? La solution pour une meilleure représentativité? La fin du vote utile? A voir…

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