27/02/2026
Le Salon international de l'agriculture à Paris, c’est la grande scène, les spots, les poignées de main et les discours bien repassés. On y montre des bêtes bichonnées pour la photo, on parle d’“amour de la terre” entre deux petits fours, on serre des mains propres.
Moi, petit paysan éleveur de chèvres, je n’y vais pas.
Parce que pendant qu’on parade sur la paille fraîche pour les caméras, moi je suis dans la paille mouillée. Pendant qu’on promet monts et merveilles sous les néons, moi je compte les centimes pour payer le foin.
Mon agriculture ne rentre pas dans un stand sponsorisé. Elle ne tient pas dans un badge autour du cou.
Je n’ai pas le temps de faire le figurant d’une agriculture de vitrine.
Mes chèvres, elles ne vivent pas pour les selfies ministériels. Elles vivent parce que je me lève tous les matins, week-ends compris, jours fériés oubliés. Pas de tapis rouge chez moi , juste des bottes trouées et des factures qui s’empilent.
Le salon, c’est beau pour les photos.
Moi, je fais le boulot quand les lumières s’éteignent.
Je ne monte pas à Paris pour qu’on me félicite une fois par an.
Je reste à la ferme pour survivre toute l’année.
Et la vraie agriculture, elle ne se met pas en scène.
Elle se bat. 🐐🔥