11/06/2026
Bien vrai
Ouvrir un restaurant en 2026
Personne ne te dit que le plus dur ce sera pas la cuisine.
Que tu passeras plus de temps à te battre contre des gens qui font mal leur boulot qu'à faire bien le tien.
Le livreur qui arrive quand il veut. Le prestataire qui promet et disparaît. Le candidat qui confirme, signe, et ne vient pas. L'administration qui t'envoie un courrier en recommandé pour te signaler que t'as mal coché une case sur un formulaire que personne t'a expliqué.
Et tout ça avant même d'avoir ouvert.
Félicitations. T'as même pas encore servi un couvert et t'as déjà perdu trois ans de ta vie.
Parce que ouvrir un restaurant aujourd'hui c'est naviguer dans un monde où la médiocrité s'est pas juste normalisée. Elle s'est organisée. Elle a un syndicat. Probablement des avantages.
Où "c'est pas mon problème" est devenu une philosophie de vie. Où le minimum syndical est présenté comme un effort méritant des applaudissements.
Les gens qui réussissent dans ce métier c'est pas les plus talentueux.
C'est les plus solides mentalement.
Ou les plus fous.
Souvent les deux.
Et tant que tout continuera à tirer vers le bas —
Les écoles qui fabriquent des gens capables de réchauffer une pizza surgelée mais pas de se présenter à l'heure.
La valeur du travail qu'on a soldée comme un vieux stock.
L'intelligence humaine — pour ceux qui en ont, et ils se reconnaîtront.
Tant que l'excellence restera louche et la médiocrité rassurante, rien ne bougera.
L'humanité restera à la hauteur de ce qu'elle accepte.
C'est-à-dire pas très haut.