26/08/2022
Je n'aurais jamais pensé qu'un jour il m'aurait fallu écrire quelques bribes sur l'un des géants du Delta. Tu penses, qu'est ce que je pourrais dire qui ne l'a pas été mille fois par tous les journaleux, critiques et autres aligneurs de mots dans des bouquins, papelards emballeurs de poissons sur l'étal et blogs d'avertis en tous genres ? Bah que dalle en fait, soyons sérieux. L'homme qui portera l'étendard du blues à lui tout seul a déjà été retourné dans tous les sens. Moi, je voulais juste en placer une pour vous dire que celui qui reprendra une place considérable dans ma culture blues (William Ferris, je te remercie de m'avoir ouvert les yeux un jour (3 en fait) où tu as bien voulu me faire l'honneur de ta présence au sein du shop) après l'avoir négligemment "laissé tomber" pour d'autres plus obscurs, moins tape à l'oeil et surtout moins crossover, celui qui mettra tout le monde au vibrato même si il n'en est pas l'inventeur (Lodovico Zacconi préconisait déjà l’usage en 1596 dans son ouvrage "Prattica de la Musica" et dont Fritz Kreisler en popularisera l'usage dès le début 20ème en l'utilisant sur toutes ses notes) mais qu'il cherchera par cette façon de jouer à approcher du son des saxophones dans le jazz et faire chanter sa chère Lucille, compagne de tous les temps. Parce que naître un 16 septembre dans le Mississippi, c'est aussi s'influencer du jazz, celui de Charlie Christian par exemple, mais pas que, T Bone Walker (encore lui !) vient mettre son grain de sable et son cousin Bukka White aussi, le bougre. Et puis comme pour tous, le gospel dans le biberon. Alors faut pas s'étonner si petiot, il tire quelques notes
d'une guitare monocorde en chantant pour leur donner des réponses, un écho Soul. Ado, il fréquente Beale Street et WDIA où il choppe son nom de scène aujourd'hui indélébile de l'histoire de la culture Afro-Américaine. puis premiers succès en 1951 avec "Three O'Clock Blues" et les tournées qui s'enchaînent comme les succès d'ailleurs qu'il aligne comme on enfile des perles. Ses rencontres avec les frères Bihari (dont presque la totalité des albums se retrouvent sur le site) grâce au fouteur de troubles Ike Turner, chasseur de tête tel un Jivaro pour RPM, Modern, Kent et autres Budget label des frangins, ses premières galettes produites par Sam Philips jusqu'aux "juteuses" productions des sus-cités avant qu'il ne signe chez ABC Paramount début 60. Tout ou presque est sur ces disques édité sur Crown Records, le label économique de la fratrie.Et c'est là que je m'arrête avec lui, ses productions suivantes m'ennuient au plus haut point sauf quelques magnifiques
résurgences qui en disent long sur son potentiel, "Regarde sous mon coude, j'en ai encore à te montrer", comme "Lucille"en 1968 sur Bluesway .... mais voilà William qui me parle de lui, de son implication dans ce domaine, de cette vitalité de vouloir transmettre son savoir, ses connaissances au plus grand nombre et ce toute sa vie et souvent à titre gratuit.
Alors normal que celui qui pourra aussi bien être à l'aise dans un petit combo comme sur l'album "Blues In My Heart", s'acoquiner des choeurs des Charioteers sur "Swing Low Sweet Chariot" comme de faire souffler des cuivres vibrants avec son groupe le B.B. King Review, sous la direction de Millard Lee début 50, jusqu'à cet album "I Love You So", son premier
album devenu rare sur vinyl paru en 1959, juste après un accident dévastateur avec son bus de tournée l'année précédente, prenne une autre place dans mon estime.
Le pape du blues vient de quitter Memphis pour s'installer en Californie et sur cet album, on l'entend au sommet de sa forme, soutenu par une section de cuivres bien arrangée et particulièrement influencée par les big bands de Count Basie, Lionel Hampton et Duke Ellington. Bref (sic), L'artiste vient de passer par la grande porte du shop et nous en sommes pas peu fier ! salut la tribu 😎
Tiens, j’ai pas prononcer son nom une seule fois !!
c'est par ici : www.madeindisquaire.com