19/07/2026
Je peste souvent.
Je râle.
Après le four qui ne chauffe jamais assez vite… ou trop, ça dépend.
Après mes fournisseurs, quand il leur manque ce produit indispensable à la recette du jour.
Après la porte qui coince ou ne ferme plus.
Après mon mari, qui a encore oublié l'heure de la livraison.
Après Delphine, qui fait semblant de ne pas entendre mes consignes.
Après la météo, la circulation, les réservations qui tardent à venir, ce néon qui clignote, la poignée du frigo qui nous reste dans les mains, le sol qui n'est jamais assez propre à mes yeux.
Et puis, parfois, je me réjouis.
Je me réjouis du fumet d'un plat qui s'apprête à partir en salle.
De la qualité des produits que l'on me livre chaque semaine.
De mon petit restaurant, que je n'imaginerais pas autrement que je l'ai construit.
De la présence de ma famille à mes côtés.
De mon équipe, fidèle et engagée.
De mon quartier, de ma ville, du temps qu'il fait, de ma clientèle, des recettes d'hier… et de celles qui restent à inventer.
On peut s'exaspérer ou se réjouir de presque tout, à chaque instant.
Mon quotidien, je l'ai construit, patiemment.
Avec ses petites contrariétés, ses imprévus, ses joies.
Et avec le recul, je ne voudrais pas qu'il soit différent.
Se réjouir des choses simples.
De l'amitié de ceux qui nous entourent.
Profiter de chaque instant.
C'est finalement ce que j'essaie de faire, chaque jour, avec mon petit resto.
Chaque personne qui franchit notre porte est une raison supplémentaire de me réjouir.
De vos sourires.
De votre gentillesse.
De ces quelques instants que nous partageons autour d'une table.
Et j'espère simplement qu'en quittant Ravigote, vous aurez une seule envie : revenir nous voir.