27/05/2026
Au Pointu, notre note Google est de 4,2.
Et franchement ?
Ça nous va très bien.
Nous n’avons jamais demandé à nos clients de laisser des avis positifs. Beaucoup de restaurants le font. Pas nous.
La plupart des gens heureux repartent simplement avec un sourire, un merci, parfois une poignée de main ou une promesse de revenir. Et honnêtement, cela nous suffit souvent largement.
Les clients mécontents, eux, prennent plus facilement le temps d’écrire. C’est humain.
Mais au fond, ce qui m’interroge aujourd’hui dépasse largement la restauration.
Pourquoi avons-nous besoin de tout noter en permanence ?
Restaurants.
Chauffeurs.
Hôtels.
Clients.
Employés.
Écoles.
Médecins.
Professeurs.
Enfants.
Même nos présidents deviennent des managers.
Nous vivons dans un monde hyperconnecté où chaque expérience doit immédiatement être transformée en score de satisfaction.
Comme si la vie entière devait désormais entrer dans un tableau Excel.
Où est passée la place :
pour la magie d’un instant,
pour l’imperfection,
pour le rêve,
pour les chemins de traverse,
pour le plaisir simple d’un repas partagé ?
Ce qui me fait sourire, c’est de voir autant de restaurants médiocres afficher des notes de 4,6 ou 4,7 sur 5.
À l’école, cela correspondrait à des moyennes de 18/20 avec félicitations du jury pour presque toute la classe.
Sommes-nous vraiment devenus extraordinaires ?
Ou sommes-nous simplement entrés dans une immense inflation de la notation permanente ?
Je reçois régulièrement des sollicitations de sociétés me proposant “d’améliorer” ma réputation en ligne, de nettoyer certains avis ou d’optimiser ma note Google.
Dans quel monde vit-on sérieusement ?
Au Pointu, nous continuerons simplement à faire ce que nous savons faire :
cuisiner,
recevoir,
essayer de progresser,
faire plaisir,
nous tromper parfois,
et recommencer le lendemain.
Et tant p*s si cela ne rentre pas parfaitement dans les algorithmes de l’hypermodernité.