09/09/2026
[30 ans, 30 histoires] 🍦
Le chocolat n'est pas d'ici
Dans le bac, notre chocolat noir est presque noir. Dense, serré, sans détour.
Et pourtant, ni lait ni crème : c'est un sorbet.
Le cacao, bien sûr, ne pousse pas dans nos vallées. Mais il a suffi de traverser le Rhône pour nous en approcher.
Notre chocolat vient de Donzère, à 70 kilomètres du Moulinon. La chocolaterie A. Morin y est installée depuis 1958, dans ce qui était la ferme familiale, et l'histoire commence bien plus tôt encore : en 1884, Gustave Morin travaillait déjà le chocolat à Aiguebelle. Aujourd'hui, c'est Franck Morin qui dirige la maison. Cinquième génération.
Chez Morin, les fèves sont torréfiées sur place, broyées, conchées plus de vingt heures. Rien n'arrive tout fait, tout se transforme sous le même toit. Nous connaissons bien cette manière de travailler.
Le chocolat que nous recevons, la maison le fabrique pour nous, selon une recette qui n'existe que pour nos turbines. Nous en tirons trois parfums, noir, lait et blanc, sans compter les créations chocolatées de nos bûches.
Si nous avons choisi le sorbet, ce n'est pas par principe : c'est pour rester au plus près du goût. Sans lait ni crème pour l'adoucir, le chocolat noir garde toute son intensité.
Encore fallait-il y parvenir. Xavier Rousselle, l'un de nos fondateurs, a multiplié les essais et les allers-retours avec Donzère. Il fallait trouver la bonne origine de fèves, puis la recette de chocolat qui lui rendrait justice, puis la recette de sorbet qui la porterait. Trois réglages, dont aucun ne valait sans les deux autres.
Ce sorbet chocolat noir est aujourd'hui notre deuxième parfum le plus vendu, tous parfums confondus.
À côté de lui, nous avons gardé une référence signée Valrhona, elle aussi élaborée en bio spécialement pour nous, parce que certains de nos clients y sont attachés. La maison est à Tain-l'Hermitage, à 60 kilomètres d'ici.
Et elle a une histoire que peu de gens connaissent.
Quand Albéric Guironnet la fonde en 1922, ce pâtissier-confiseur ardéchois ne l'appelle pas Valrhona. Ce nom-là n'arrivera qu'en 1947. À sa naissance, la maison s'appelle la Chocolaterie du Vivarais.
Le Vivarais, c'est l'ancien nom de l'Ardèche.
Le cacao ne poussera jamais chez nous. Le chocolat, lui, y a un peu ses racines désormais…