30/06/2026
Quand il fait chaud, très chaud comme la semaine dernière, les glaces et les sorbets sont les bienvenues. Une histoire dit que l'on doit la glace qu'on déguste à la reine noire, et voilà comment l’héritière des Médicis est entrée dans notre mémoire nationale. Étrangère. Machiavélique. Empoisonneuse. Responsable du massacre de la Saint-Barthélemy.
Ce sont là, quelques-uns des griefs qui lui ont collé à la peau plus sûrement que les voilages noirs dans lesquels les peintres l’ont représentée.
Une autre accusation plus lancinante va venir encore obscurcir la réputation de Catherine de Médicis : le délit de volupté. Joli nom pour un crime, mais l’époque est à l’austérité et à la frugalité.elle est donc accusée d’avoir corrompu la jeunesse nobiliaire de l’époque par les douceurs italiennes.
Ses bagages, selon la légende, débordaient de cuisiniers florentins aux noms sonores : Popelini, qui aurait inventé la pâte à choux ; Frangipani, qui est censé avoir créé la frangipane ; ou encore Pastilla, père putatif du pastillage. Une armée de pâtissiers, confiseurs et glaciers, qui auraient enseigné à la cour de France les secrets de la table italienne — et notamment les sorbets, les eaux glacées, les crèmes fondantes — et ce faisant auraient contribué à italianiser toute une partie de la haute aristocratie.
Plus grave, elle est tenue pour coupable d’avoir ainsi importé à la Cour de France des vices italiens (le luxe superflu des tables italiennes, la volupté, le raffinement) dont les chevaliers français – encore un pied dans la cuisine du moyen-âge et ses rôts - se seraient bien passés.
L’acte d’accusation est implacable.
Mais totalement faux : les cuisiniers italiens, la crème glacée… Rien ne s’est passé comme l’on écrit ces quelques témoins, tous nés ... près de deux siècles après les faits.