14/04/2026
En 2024, Apolline a été contactée pour participer à Top Chef.
Elle a commencé à remplir le formulaire, puis a choisi de ne pas aller au bout.
Ce renoncement est né d’un désaccord profond entre ce que propose l’émission et ce que nous cherchons à défendre en cuisine.
À ce moment-là, notre projet était encore en construction. Cruchon Guinguette n’existait pas encore sur le terrain, et nous ne voulions pas nous appuyer sur une exposition médiatique pour faire exister, trop vite, quelque chose qui n’avait pas encore été éprouvé.
Mais au-delà de ça, il y avait une question de fond : celle des produits.
L’émission est tournée en automne, avec un accès à un large éventail d’ingrédients, souvent en décalage avec les saisons. Or, travailler avec ce qui est disponible, ici et maintenant, n’est pas une contrainte que nous subissons, c’est un choix politique que nous revendiquons.
Car oui, consommer est un acte politique. Et cuisiner l’est tout autant.
Choisir le circuit court, refuser certains produits hors saison, accepter de limiter le champ des possibles pour respecter un écosystème : ce sont des décisions qui orientent profondément notre manière de travailler.
Participer à Top Chef aurait sans doute été une formidable opportunité. Mais cela aurait aussi impliqué de composer avec un cadre qui ne correspond pas à notre façon de faire et de penser la cuisine.
Nous avons donc choisi de construire autrement.
Aujourd’hui, avec Cruchon (food truck et service traiteur) nous développons une cuisine volontairement située, dépendante de son environnement, et fidèle aux engagements qui l’ont fait naître.
Ce n’est peut-être pas le chemin le plus rapide, ni le plus visible.
Mais c’est celui qui fait sens.