20/09/2026
📜 𝐉𝐎𝐔𝐑𝐍𝐄̀𝐄 𝐃𝐔 𝐏𝐀𝐓𝐑𝐈𝐌𝐎𝐈𝐍𝐄
𝑷𝒍𝒖𝒔 𝒅’𝒖𝒏 𝒔𝒊𝒆̀𝒄𝒍𝒆 𝒂̀ 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒓𝒂𝒄𝒐𝒏𝒕𝒆𝒓…
Il y a des bâtiments qui ne laissent jamais vraiment indifférent. Des bâtiments que l’on regarde, que l’on photographie, que l’on croit connaître…
Sans toujours savoir tout ce qu’ils ont à raconter.
L’ancien Casino du Môle est de ceux-là.
Sa silhouette accompagne le port depuis plus d’un siècle. Elle a vu passer les époques, les générations, les jours de fête comme les heures plus sombres de notre histoire.
Alors aujourd’hui, à l’occasion des Journées du Patrimoine, poussons symboliquement les portes de l’ancien Casino du Môle…
Et remontons le temps 💙
❥ Nous sommes à la fin du XIXᵉ siècle.
🚃 Pornic devient une destination de villégiature. Depuis 1875, le chemin de fer relie Nantes à la côte et les fameux « trains de plaisir » conduisent les visiteurs vers les bains de mer.
C’est dans cette effervescence qu’est édifié, en 1896, le Casino du Môle, pour M. Lointier, d’après les plans de l’architecte nantais Régnier. En 1908, il est profondément agrandi et transformé sous la direction de M. Buisson, prenant cette silhouette qui deviendra familière aux Pornicais.
Mais à cette époque, un casino est bien plus qu’une salle de jeux.
C’est un véritable lieu de vie✨
🎲 On y joue au baccara ou aux petits chevaux, mais on vient surtout s’y rencontrer, prendre un verre, assister au théâtre, écouter de la musique ou applaudir un spectacle.
Derrière cette façade tournée vers le port, on imagine les robes élégantes, les orchestres, les conversations et les éclats de rire…
🎭 Au fil des années, les salles du Casino voient également défiler de nombreux artistes : L’hypnotiseur Alberti Pickman, la comédienne Francine Vasse, les célèbres tournées Charles Baret, le ténor Julien Jourdain, la Belle Otero, ou encore le gymnaste-acrobate Edward William Potts…
🇫🇷 Puis l’Histoire, la grande, vient bouleverser celle du Casino.
En 1914, la fête s’arrête. À partir du 1er décembre, le bâtiment devient un hôpital militaire auxiliaire de 35 places. Là où l’on dansait quelques mois auparavant, on accueille désormais des soldats blessés ou convalescents.
Quelques décennies plus t**d, la Seconde Guerre mondiale marque à son tour le Môle. Le 26 août 1944, la population pornicaise est rassemblée sur la place par l’occupant allemand et seize otages sont menacés d’exécution. L’intervention de R. Loukianoff permettra d’éviter le drame.
Le temps passe.
Pornic change.
Les générations se succèdent.
Mais le Casino reste là, face aux bateaux.
Et le lieu continue de vivre avec son époque.
🪩 De 1979 à 1986, le Casino abrite également le Sand’s Club, sa discothèque. Une nouvelle génération de Pornicais et de vacanciers vient alors y danser, tandis que certains artistes y font la promotion de leurs nouveaux 45 tours.
Après les bals et les orchestres de la Belle Époque, la musique résonne toujours dans les murs du Môle… mais les époques et les rythmes ont changé.
🔥 Jusqu’en 1992.
Cette année-là, un terrible incendie ravage l’édifice. Une partie essentielle de son histoire est pourtant sauvée : Sa façade est conservée.
Derrière elle, le bâtiment sera reconstruit presque à l’identique, même si certains éléments décoratifs historiques disparaissent.
Et la vie reprend encore…
🎰 Pendant vingt-six années supplémentaires, les portes du Casino continuent de s’ouvrir sur le quai Leray, jusqu’en novembre 2018, lorsque l’activité quitte définitivement cette adresse historique après plus d’un siècle au cœur du port.
Plus de cent ans à voir Pornic se transformer.
À regarder passer les bateaux, les saisons et les générations.
Des bals de la Belle Époque aux soldats de 1914.
Des spectacles aux jeux.
Des heures heureuses aux heures plus sombres.
De l’incendie à la renaissance.
Des milliers de personnes ont franchi cette porte avant nous.
Et c’est peut-être cela, finalement, le patrimoine :
Ne pas seulement conserver des pierres,
mais continuer à raconter ce qu’elles ont vu.
Le patrimoine est un héritage précieux. Prenons soin de nos bâtiments, préservons-les, pour que leur histoire continue de traverser les générations.
Parce qu’un bâtiment peut changer de vie sans jamais perdre son histoire.
Et derrière cette façade que tant de Pornicais connaissent se cachent encore des souvenirs à raconter,
une mémoire à partager,
et un patrimoine à préserver 💙