28/07/2026
Ce n’est pas de la farine, sous ta pizza. Et heureusement pour le pizzaïolo.
Regarde la prochaine fois : ces petits grains dorés au fond de la boîte, ceux qui croustillent sous la pâte, ce n’est pas la farine avec laquelle on a fait la pâte. C’est de la semoule de blé dur, et son rôle va bien au-delà de la texture.
D’abord côté produit, la semoule ne s’absorbe pas. Ses grains sont plus gros et plus durs que ceux de la farine de blé tendre. Elle reste en surface, ne s’hydrate pas au contact du pâton, et se transforme au four en une fine couche croustillante et dorée qui ajoute du caractère au fond de la pizza.
Mais la vraie raison de l’utiliser, la moins connue, tient dans une phrase que le pizzaïolo glisse à la fin de la vidéo : « j’ai une allergie à la farine. »
Ce n’est pas une remarque anodine. La farine fine se met en suspension dans l’air à chaque geste. Un pâton qu’on tape, une planche qu’on saupoudre, une boule qu’on soulève, et de minuscules particules montent dans l’air, respirées par le pizzaïolo dix heures par jour, six jours par semaine.
À force, le corps réagit. C’est ce qu’on appelle la rhinite du boulanger, une allergie respiratoire professionnelle bien connue chez ceux qui travaillent la farine au quotidien. Elle est même reconnue comme maladie professionnelle en France.
La semoule, elle, ne vole pas. Ses grains sont trop lourds pour rester en suspension dans l’air. Ils tombent, ils restent au sol.
Un pizzaïolo qui utilise la semoule choisit une texture, mais aussi une longévité dans le métier.
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