11/04/2012
La belgitude ou belge attitude...Définition :
BelgitudeNom féminin singulier: ensemble de caractéristiques propres aux Belges, sentiment d'appartenance à une communauté des Belges
La belge attitudeLa Belgitude ou Belge Attitude :
Concept exprimant la difficulté du Belge à se définir comme tel.
Un paradoxe né d'un paradoxe. Un soupçon d'autodérision : "Belgium one point"
N'oubliez pas : "La Belgique est un plaisir"
D’un côté, la belgitude est un concept qui glorifie les rares points communs entre Flamands et Wallons : la bière, le chocolat, les frites... Aliments qui, faute de mieux, tiennent lieu d'identité nationale.
Le terme de belgitude a été forgé, au détour des années 1970-1980, par allusion au concept de négritude exprimé par Léopold Sédar Senghor. Il recouvre en quelque sorte, avec le sens aigu de l'autodérision qui caractérise les Belges, l'étendue de leur interrogation identitaire.
L'identité belge apparaît comme une identité « en creux » : elle se définit surtout par tout ce qu'elle n'est pas.
Le Belge n'est ni Français, ni Néerlandais, ni Allemand, tout en étant un peu de tout cela : ancien sujet des Habsbourg d'Espagne puis d'Autriche, ancien citoyen de la République française, puis du Premier Empire, Néerlandais après le Congrès de Vienne, enfin devenu indépendant à la faveur d'un consentement paternel des grandes puissances.
A l'intérieur du pays même, le Belge se définit par ailleurs généralement par d'autres appartenances : il existe une identité flamande et une identité wallonne, cette dernière plus tournée vers la ville de résidence que vers l'ensemble du monde francophone belge.
Malgré cette identité complexe, ou ce manque d'identité, l'histoire de la Belgique est prestigieuse : puissance économique passée (deuxième puissance économique mondiale en 1850), Godefroy de Bouillon, « éloge » de Jules César, Charlemagne, destins individuels (Georges Simenon, Hergé, Jean-Claude Van Damme), ...
Le concept de "belgitude" exprimerait la difficulté du Belge à se définir comme tel. Plus profondément, la difficulté qu'il a à gérer le conflit entre ses tendances centripètes (je suis moi) et ses tendances centrifuges (je suis germain, je suis latin...).
Au quotidien, ce malaise trouve à se consoler dans une espèce de culte du dérisoire et du folklore dont les termes s'articulent sur une récupération a priori de l'ironie d'autrui : culture alimentaire (frites, moules, chicons, chocolat), breuvages nationaux (bière, genièvre), fêtes locales (Gilles de Binche, fêtes estudiantines,...), etc.
En art et littérature, la belgitude sera donc exprimée par un culte quasi-immodéré du surréalisme. Tandis qu'au niveau de la vie de tous les jours, elle s'exprimera au contraire par rejet viscéral de tout ce qui transcende la normalité.
L'idée de "belgitude" et sa première grande manifestation dans le numéro de la R***e de l'ULB intitulé La Belgique malgré tout ! a suscité une réplique (au moins implicite), dans le Manifeste pour la culture wallonne, c'est ce que proposent comme analyse les collaborateurs de Histoire de la littérature belge, parue chez Fayard en 2003: Michel Biron écrit dans ce livre[1] "Pour les écrivains flamands et wallons, on n'écrit jamais de nulle part."
Nous ne pourrions mieux définir la belgitude qu'en la disant être un paradoxe né d'un paradoxe : la Belgique surtout à Bruxelles.