25/07/2026
Aujourd’hui, j’ai décidé de prendre la parole.
En tant que gérant du Restaurant Le Miroir, présent dans le quartier de l’Île depuis 1980, je ne peux plus rester silencieux face à la situation que vivent les commerçants.
Je tiens à être clair : je ne suis pas contre les événements organisés par la Ville. Ils participent à l’animation de Martigues et c’est une bonne chose. Mais il faut aussi mesurer leur impact sur ceux qui travaillent et font vivre le centre-ville toute l’année.
La course des Ponts Bleus en est le dernier exemple. Les parkings ont été condamnés dès le jeudi à 17 h et la circulation a été coupée le samedi à partir de 18 h. Pour un restaurant, un samedi soir de juillet est l’un des services les plus importants de l’année. Pourtant, nous n’avons servi que 10 couverts, contre une cinquantaine habituellement.
Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé.
La fête vénitienne a elle aussi fortement limité le stationnement dans le quartier. Le report des festivités du 14 juillet au 15 juillet nous a également fait subir une importante perte d’exploitation. À chaque événement, le constat est le même : moins de places pour se garer, des accès compliqués, et des clients qui renoncent à venir.
Depuis des années, nos clients nous disent la même chose : “On aimerait venir plus souvent, mais se garer dans le quartier de l’Île est devenu trop compliqué.”
C’est un problème qui dure depuis longtemps et qui s’aggrave au fil des années. Le Restaurant Le Miroir est installé ici depuis 1980 et nous avons vu, petit à petit, le quartier perdre de son attractivité.
Le plus inquiétant, c’est que je ne suis pas le seul à le penser. En discutant avec des commerçants de l’Île, mais aussi de Jonquières et de Ferrières, beaucoup partagent le même constat. Nous avons le sentiment que le commerce de proximité est de plus en plus pénalisé.
Je sais que la Ville organise des réunions avec les habitants et les commerçants. Je salue cette démarche. Mais la réalité de notre métier est simple : quand ces réunions ont lieu, nous sommes au travail. Nos journées sont longues, nos semaines aussi, et il est souvent impossible de quitter nos établissements. Avec le temps, beaucoup d’entre nous se sont également découragés, avec le sentiment de ne plus être réellement entendus.
Il n’existe d’ailleurs plus d’association de commerçants. Non pas parce qu’il n’y a plus de problèmes, mais parce qu’il n’y a plus suffisamment de commerçants disponibles pour s’y investir.
Aujourd’hui, je suis inquiet. Inquiet pour mon restaurant, inquiet pour mes salariés, inquiet pour l’avenir du quartier de l’Île. L’été est la période qui nous permet de faire vivre nos entreprises pendant le reste de l’année. Chaque soirée perdue représente un manque à gagner que nous ne récupérons jamais.
Je ne demande pas l’arrêt des manifestations. Je demande simplement que les commerçants soient davantage pris en considération. Qu’un équilibre soit trouvé entre l’animation de notre ville et la survie de ses commerces.
Parce que sans commerces, un quartier perd son âme.
J’espère sincèrement que ce message sera entendu. Pas pour créer une polémique, mais pour ouvrir un dialogue constructif. Car nous avons tous le même objectif : faire de Martigues une ville vivante, attractive… et où il est encore possible de faire vivre son commerce.
Si vous partagez ce constat, n’hésitez pas à réagir ou à partager cette publication. Plus nos voix seront entendues, plus nous aurons de chances de faire évoluer les choses.