27/08/2026
Personne ne connaît son nom aujourd'hui.
Marguerite Guérin perd sa mère à treize ans et monte à Paris. Elle travaille chez une blanchisseuse rue du Bac, économise, finit par tenir sa propre crèmerie où l'on sert des repas simples à bon marché. C'est là qu'elle rencontre Aristide Boucicaut.
Ensemble, ils transforment une petite boutique de nouveautés en grand magasin moderne : le Bon Marché. Prix affichés, entrée libre, marchandises que l'on peut toucher : on n'achète plus de la même façon.
Aristide meurt en décembre 1877. Leur fils unique reprend la maison, malade depuis longtemps déjà, et s'éteint à son tour moins de deux ans plus t**d. Marguerite se retrouve seule à la tête d'une des plus grosses fortunes commerciales de France, sans personne à qui la transmettre.
Elle prépare alors une succession hors norme.
Son testament, signé le 16 décembre 1886, prévoit entre 16 et 20 millions de francs pour les employés du Bon Marché, répartis selon le grade et l'ancienneté. Le texte va jusqu'à prévoir une somme pour ceux qui viennent d'entrer, même après un seul jour de service effectif.
L'Assistance publique devient légataire universelle, à charge de bâtir et d'entretenir un hôpital sur la rive gauche. L'établissement ouvre en novembre 1897 et Félix Faure l'inaugure le 1er décembre. Il compte 206 lits, dont quelques-uns réservés au personnel du magasin. Il fonctionnera jusqu'à la fin de l'année 2000, avant que ses services ne rejoignent l'hôpital européen Georges-Pompidou.
Elle avait aussi remis 250 000 francs de son vivant à la souscription lancée par Pasteur pour créer son institut, complétés ensuite par un legs de 100 000 francs. Son buste figure toujours dans la bibliothèque de l'Institut, parmi ceux des plus grands donateurs.
Aujourd'hui, un square face au magasin porte le nom des Boucicaut. Un monument y rappelle sa mémoire.