21/11/2019
Conférence de presse aujourd'hui à 10h30 à la maison des associations.
La lettre ouverte pour défendre la situation de la famille SALAMI IYANDA, signée par 94 personnalités est restée sans réponse de la part de la préfecture.
Vous êtes les bienvenus.
Monsieur le Préfet de la Côte d'Or
53, rue de la Préfecture
21041 DIJON
Objet : Lettre ouverte sur la situation de la famille SALAMI IYANDA
Monsieur le Préfet,
Nous nous permettons d'attirer votre attention sur la situation d'une famille résidant à Dijon depuis le 03/03/2013.
Cette famille, de nationalité nigériane, est composée de la mère de famille, Mme Sherifat SALAMI épouse IYANDA née le 19/08/1980 à Lagos et de ses trois enfants :
Quadri IYANDA né le 8/12/1998 à Lagos,
Abdullahi IYANDA né le 2/6/2005 à Lagos,
Sophiat IYANDA née le à 28/5/2011 à Lagos.
Mme SALAMI a vécu au Nigeria jusqu'à son départ en mars 2013.
Son conjoint, Wasiu IYANDA, était très engagé politiquement aux cotés de Funsho WILLIAMS lequel faisait campagne pour être le candidat du Parti Démocratique Populaire au poste de gouverneur de l'état de Lagos.
Mme SALAMI avait une entreprise de couture. Elle créait elle-même ses modèles qui étaient confectionnés par plusieurs employés. Elle ne participait pas à l'activité politique de son mari et ne s'y intéressait pas, étant entièrement mobilisée par la direction de son activité et l'avenir de ses enfants.
Tout a basculé, lorsque Funsho WILLIAMS a été assassiné, éliminé par ses rivaux politiques.
Son soutien Wasiu IYANDA est devenu la cible de menaces et d'agressions qui l'ont amené à saisir la police de l'état de Lagos, sans suites.
La vie est devenue difficile et angoissante pour sa famille. Jusqu'au soir du 12 décembre 2012 où des hommes masqués sont venus au domicile de la famille et s'en sont pris à M. IYANDA ainsi qu'à sa famille, dont tous les membres étaient présents.
Mme SALAMI n'a jamais pu raconter les détails de cet évènement qui a déterminé sa fuite du Nigeria, tant cet événement a été traumatique pour elle.
On sait que les enfants (dont l'un, Abdullahi, a été blessé) ont été sauvés par les voisins et que les parents ont été enlevés, séquestrés et torturés plusieurs jours, que Madame a été sauvée par l'intervention providentielle d'un chasseur, alors qu'elle venait d'être aspergée d'essence, mais qu'elle n'a jamais retrouvé son mari ni même son corps, avant de partir.
Elle a alors fait don de son entreprise à ses salariés et a quitté le Nigeria avec ses enfants en mars 2013 pour arriver régulièrement sur le territoire français et solliciter une protection pour elle et ses enfants.
L'entretien, qui lui a été accordé à l'OFPRA le 1er avril 2015, a été conduit en anglais et non dans sa langue maternelle, le yoruba. Elle n'avait pas les connaissances politiques que l'officier OFPRA aurait attendues, victime collatérale de cette violence politique qui fait partie de l'histoire du Nigeria et reste d'actualité, sans en avoir été actrice. Elle avait trop peu d'éléments probants à produire pour attester son récit d'ailleurs très succinct. Les questions posées ne lui ont pas permis de relater les faits. Elle n'a réussi à convaincre ni l'officier de l’OFPRA ni les magistrats de la CNDA.
Par la suite, elle a appris que les tueurs la recherchaient encore à son domicile.
A Dijon, Mme SALAMI a reçu des soins, afin de traiter les troubles psychiques liés au traumatisme subi, mais elle est restée atteinte et a gardé de grosses difficultés à s'exprimer sur les évènements vécus et à les dépasser. Grâce à ces soins, Mme SALAMI s'est adaptée à la nouvelle vie qui devait être la sienne : une vie de pauvreté, sans ressources, contrastant avec sa situation de commerçante au Nigeria, mais loin du cauchemar. Elle se reconstruisait peu à peu grâce au soutien des soignants qui poursuivaient le traitement de longue durée d'un Syndrome Post Traumatique.
Une demande de régularisation a été présentée à vos services en 2018. Vous l'avez refusée au motif que son intégration n'était pas suffisante.
L'éducation et les soins attentifs prodigués aux trois enfants qui leur ont permis de grandir sereinement et d'accomplir un parcours scolaire remarquable, au terme duquel l'aîné, Quadri, a obtenu avec mention son bac professionnel et a pu s'inscrire en BTS au Lycée Eiffel , n'est-ce pas un élément d'intégration important ?
De même le travail bénévole accompli au sein de la structure « Le Bercail » où Madame animait avec compétence et pédagogie un atelier couture à l'attention des femmes accueillies ?
Vous n'avez pas tenu compte de ces éléments favorables et prometteurs d'une intégration réussie pour ne retenir que sa pratique encore peu habile du français. En effet, Mme Salami a fait d'importants progrès dans l'acquisition du français, mais elle manque encore de vocabulaire et de fluidité dans son discours.
Le 4 septembre 2019, le cauchemar s'est de nouveau incarné.
A l'aube, des policiers sont venus chercher Quadri, 21 ans, et l'ont emmené de force à Roissy. A 13h, il embarquait dans un avion en partance pour le Nigeria, pays qui n’est plus le sien. Découvert en situation irrégulière en accompagnant sa mère dans ses obligations administratives, Quadri avait fait l'objet d'un arrêté préfectoral d'OQTF qu'il avait contesté devant le Tribunal Administratif de Dijon. Il n'avait pas encore eu connaissance de la décision de ce tribunal. Il faisait confiance à la France, à sa justice. Il s'était présenté devant ce tribunal et il avait expliqué au juge qu'il avait bien essayé de demander un titre de séjour à sa majorité mais que vos services avaient rejeté son enregistrement au motif qu'il n'avait pas de Visa Long Séjour. Il a aussi expliqué qu'il venait juste de refaire une tentative, ayant obtenu le soutien financier d'une famille qui lui avait fait confiance. Le juge a reconnu ses mérites pour son parcours scolaire et les objectifs atteints. Il se rendait chaque jour à l'Hôtel de Police dans le cadre de son assignation à résidence, jusqu'à ce que les policiers l'en dispensent. A aucun moment, il n'avait envisagé ce qui allait arriver, pas plus que son entourage ni même que son avocat, au vu du caractère exceptionnellement expéditif du traitement d'un ressortissant étranger parfaitement inoffensif.
Lorsque les policiers l'ont conduit à l'avion, imaginez-vous, Monsieur le Préfet, dans quel désarroi a été plongé ce jeune homme confiant et loyal ? Il s'est laissé embarquer sans résister, mais quel prix est-il en train de payer pour cette confiance et cette loyauté envers son pays d'accueil (croyait-il) ?
Imaginez-vous dans quel désespoir est plongée cette famille ?
Mme Salami a vu partir son grand fils, l'homme de la famille, son soutien moral. Elle imagine bien sûr à quel point il est perdu dans ce pays de violence qu'il a quitté encore enfant et où il a été témoin des violences, qui ont coûté la vie à son père, et auxquelles leur mère avait réussi à les soustraire, lui et ses jeunes frères et sœurs. Cependant elle n'imagine pas une seconde devoir enlever ses plus jeunes enfants à la sécurité qu'elle a payé tellement cher pour les ramener au Nigeria où elle craint toujours le pire. Mme SALAMI n'a reçu aucun signe de vie de son mari, lequel est selon toute vraisemblance décédé lors de la séquestration de décembre 2012.
Tous ceux et celles qui vivent dans la proximité de cette famille, enseignants, coach sportif, éducateurs, bénévoles associatifs, soignants, citoyens français, sont convaincus que la décision d'éloigner cette famille met en grave danger deux adultes et deux enfants. Justifiée par des raisons administratives, certes, mais humainement injustifiable et illégitime, elle nous paraît incompatible avec l'idée que nous avons de notre pays et avec les valeurs de la République. Au contraire, notre pays s'honorerait de continuer à protéger cette famille. Nous sommes sûrs que ces trois enfants et leur mère, loin de constituer un danger ou même une charge sociale enrichiront notre collectivité en mettant leurs talents à son service.
Le départ de Quadri IYANDA dans ces conditions, enlevé aux siens par surprise sans même que la notification de la décision du Tribunal ne lui ait été faite, a suscité beaucoup d'émotion dès l'annonce de cet événement.
C'est pourquoi nous vous demandons instamment de permettre à Quadri de revenir préparer son BTS auprès de sa famille et de délivrer un titre de séjour à Mme SALAMI qui remplit toutes les conditions nécessaires à une régularisation, telle que prévue par la circulaire de novembre 2012, sur la base des liens qu'elle a créés avec la France pendant ses 6 ans de séjour parmi nous, la scolarité réussie de ses enfants, l'investissement des aînés au sein de leur club de sport collectif, son investissement personnel au sein de l'association « Le Bercail», son respect des valeurs et des lois de la République Française.
Nous souhaiterions pouvoir vous remettre ce dossier en mains propres au cours d'un entretien que nous sollicitons, à ce sujet qui nous tient à cœur, nous qui vous adressons ce courrier.
Dans cette attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, à l'expression de toute notre considération.
SIGNATAIRES
• Elu.e.s
Mme Lê Chinh AVENA, adjointe au maire, déléguée à la Petite Enfance.
M. Christophe AVENA, conseiller départemental de Dijon 5.
M. Michel BACHELARD, conseiller départemental.
M. Lionel BARD, conseiller départemental et conseiller municipal délégué à Dijon.
Mme Edwige BAZEROLE, Europe Écologie Les Verts 21.
M. Saïd BENNIS, conseiller municipal délégué, Quétigny.
M. Patrice CHATEAU, adjoint à la mairie de Dijon.
M. Rémi DETANG, maire de Quetigny.
M. Hamid EL HASSOUNI, conseiller départemental, adjoint au maire de Dijon.
M. Fréderic FAVERJON, conseiller municipal de Dijon.
Mme Evelyne GELIN, maire de Gissey-sur-Ouche.
Mme Dénia HAZHAZ, conseillère municipale de Chevigny-St-Sauveur, conseillère départementale du canton de Chevigny-St-Sauveur.
Mme Catherine HERVIEU, conseillère municipale de Dijon.
Mme Sandrine HILY, conseillère départementale, conseillère municipale.
Mme Nathalie KOENDERS, conseillère départementale, adjointe au maire de Dijon.
M. Christophe LUCAND, conseiller départemental, président de la Communauté de communes de Gevrey-Chambertin-Nuits-Saint-Georges.
Mme Céline MAGLICA, conseillère départementale.
Mme Stéphanie MODDE, adjoint à la mairie de Dijon.
Mme Béatrice MOINGEON HERMARY, conseillère départementale du canton d'Arnay-le-Duc.
M. Patrick MOLINOZ, vice-président du Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, président de la communauté de communes du Pays d'Alésia et de la Seine.
Mme Laurent MONNOT, Europe Écologie Les Verts 21.
M. Olivier MULLER, co-secrétaire et co-porte-parole Europe Écologie Les Verts 21, Trésorier adjoint Europe Écologie Les Verts Bourgogne.
M. Pierre POILLOT, conseiller départemental d’Arnay-le-Duc.
Mme Colette POPARD, conseillère départementale et présidente du groupe des Forces de Progrès.
M. Pierre-Alexandre PRIVOLT, maire de Villers-la-Faye, ancien conseiller général du canton de Nuits-Saint-Georges.
Mme Christine RENAUDIN-JACQUES, conseillère départementale.
M. Paul ROBINAT, conseiller départemental et maire de Drée.
M. Jean-Claude ROBERT, ancien député, conseiller général honoraire, maire honoraire de Gevrey-Chambertin.
M. Jacques THOMAS, conseiller municipal de Beaune, ancien conseiller communautaire.
Mme Jeannine TISSERANDOT, conseillère départementale de Côte d'Or, canton de Marsannay Chenôve.
Mme Céline TONOT, première adjointe au maire de Longvic, conseillère départementale.
• Représentant.e.s de la société civile
Mme Monique ALETTI, membre de la Pastorale des Migrants.
Mme Mélanie ANDRE, militante d’Amnesty International Dijon.
Dr. Laurence ATTUEL-MENDES, enseignant chercheur en droit, Burgundy School of Business.
M. Stephen BLANCHARD, écrivain, photographe, directeur d'une r***e littéraire à Dijon, délégué départemental de l'Encouragement au Bien.
Frère BERTRAND-MARIE, prieur, conseiller municipal de St Nicolas les Cîteaux.
M. Serge BUFFERNE, responsable du projet Orpheus XXI.
M. Fabian CLEMENT, co-secrétaire de la FSU 21.
Mme Anouk COQBLIN, présidente de l’association SOS Refoulement.
M. Etienne CUENOT, coordinateur des repas de solidarité de l'église Ste Bernadette-Sacré Coeur.
Mme Carine DA SILVA, assistante administrative, Groupe ESC Dijon-Bourgogne.
M. David DELAUNAY, agriculteur, Rontalon.
M. Antoine DELEGUE, président de la FCPE 21.
Père Jacques DESCREUX, prêtre du diocèse de Dijon, docteur en théologie à l'Université de Lausanne et maître de conférences à la faculté de théologie de Lyon.
M. Mathieu DEPOIL, directeur de la Maison-Phare, association d'éducation populaire, Dijon.
M. Daniel FERNANDEZ, chanteur, Dijon.
Mme Sylviane FLAMENT, présidente du Comité local MRAP 21 Dijon.
M. Samuel GARCIA, musicien, Beaune.
M. Paul GARRIGUES, président de la Ligue des Droits de l'Homme de Dijon.
Mme Mireille GAUTHIER, comité local de Quetigny du Secours populaire français.
Mme Elsa GIRARD, directrice adjointe La Vapeur.
Mme Sophie GONDELLIER, assistante pédagogique, Burgundy School of Business, Membre du Zonta Club Dijon.
M. Didier GREBOT, manager-producteur, Dijon.
Mme Evelyne GROSS, chargée de projets, Burgundy School of Business.
M. Christian GUFFROY, vice-président d'Habitat et Humanisme Côte d'Or.
M. Félix GUYON, délégué général de Thot, l'école diplômante de français pour les réfugiés et demandeurs d'asile, Saint-Denis, Lauréat de « La France s'engage ».
M. Franck HALIMI, coordinateur artistique label Epique, metteur en zen, Dijon..
Mme Corinne HAMEAU, citoyenne dijonnaise.
M. Jean-Pierre HEDOU, membre du CCFD-Terre Solidaire et animateur du Cercle de Silence.
M. Jean Gabriel JACQUEMOND, membre du bureau d’AFRANE Bourgogne.
M. Yves JAMAIT , chanteur, Dijon.
Père André JOBARD, curé de la Visitation à Chevigny-Saint-Sauveur.
Père Luc LALIRE, Prêtre du diocèse de DIJON.
Père Jean LAMBLOT, curé du Sacré-Cœur de Dijon.
M. Dany LAPOSTOLLE, maître de conférences, Université de Bourgogne, Dijon.
M. Christian "MANSOUR" LÉCHENET, chanteur, Dijon.
Mme Marie LIBANORI, présidente de la fédération de Côte d'Or de la Ligue des Droits de l'Homme.
Mme Annie LIENARD, coordinatrice du Groupe Solidarité de la paroisse de la Visitation à Chevigny-Saint-Sauveur.
M. Michel MANUELIAN, co-président d'ATTAC de Côte d'Or.
M. Bernard MARCHOIS, président d’Amnesty International Dijon.
M. Pierre Alexandre MENECIER, président de Unlock your Mind, membre fondateur des Frigos solidaires, Dijon.
M. Gérard MORICE, vice-président du Secours Catholique de Côte d’Or.
Mme Christine MIGNOT, directrice des Etudes du Master Grande Ecole, Burgundy School of Business, Dijon.
Mme Françoise MORET, déléguée territoriale d’AGIRabcd 21.
Mme Sandrine MOUREY, secrétaire générale de la CGT Côte d’Or.
Mme Geneviève NAUDET, présidente de l’ACAT de Côte d’Or.
Mme Héloïse NIO, directrice et cofondatrice de l'association Thot Saint-Denis, Lauréat de « La France s'engage ».
M. Raphael PORTEILLA, maître de conférences en Science Politique, Université de Bourgogne Franche-Comté, Membre du collectif d'animation du mouvement de la paix Dijon métropole.
M. Yves PRUNIER, membre du bureau de la Cimade Dijon.
Mme Sophie REBOUD, professeur, The Entrepreneurial Garden – Burgundy School of Business, Dijon.
Père Paul ROYET, curé de Talant.
M. Jacques REUMAUX, président d'Habitat et Humanisme Côte d'Or.
M. Francois RIBAC, compositeur et maître de conférences Université de Bourgogne Franche-Comté.
Mme Laetitia RION-PERRIN, directrice de l’Espace Socioculturel Baudelaire, Dijon.
Mme Anne Béatrice SCHERRER, présidente du Mouvement pour une Alternative Non-violente 21.
Mme Eva SCHWABE, chanteuse.
Mme Paola SEDDA, maître de conférences en SIC, Université de Bourgogne, Dijon.
Mme Juliette SIMONOT, chargée de développement local à l'AFEV.
Mme Céline SOULAS, enseignant-chercheur à Burgundy School of Business, Dijon.
M. Boris TERNOVSKY, direction artistique/production, association Cultures Indépendantes Dijon.
M. DIDIER THOMAS, président du CCFD-Terre Solidaire en Côte d'Or.
Dr Marie-Claude VINCENT, psychiatre, coordination de l’équipe mobile ELIPSES-PASS.
Mme Patricia VOLATIER, présidente de l'association « Collectif Odyssée Beaune ».
M. Emmanuel ZENOU, enseignant chercheur, Burgundy School of Business, Dijon.