29/04/2026
Ton iPhone coûtait 499 € en 2007. Aujourd'hui, tu paies 1 479 € pour le dernier Pro Max. Tu n'as pas bronché.
Ton latte chez Starbucks a pris 20 % en deux ans. Tu continues d'y aller.
Tes fringues, tu les commandes sur Shein. 2,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en France. +34 % en un an. Des t-shirts à 3 € fabriqués dans des conditions que tu ne veux pas connaître.
Mais quand ton boulanger augmente sa baguette de 10 centimes, tu changes de boulangerie.
Une bouteille de vin à 11 € au lieu de 9 €, c'est «trop cher».
Un poulet fermier à 15 €/kg au lieu de 9 €, c'est «exagéré».
On a un problème de cohérence collective.
On accepte de payer trois fois plus cher un téléphone en 17 ans.
On accepte que la fast fashion détruise le textile français.
On ne discute même pas le prix d'un café à 5,50€.
Mais quand un artisan, un agriculteur, un vigneron demande un prix qui couvre ses coûts de production, on trouve ça «trop cher».
On va chez le concurrent. On achète en ligne. On choisit le moins cher.
Les chiffres sont là. En France, les surfaces bio ont reculé de 56 000 hectares en 2024.
Dans le lait, 15 % des éleveurs bio ont décroché en trois ans.
Les deux tiers des départs sont des déconversions : des gens qui retournent au conventionnel parce qu'ils ne s'en sortent plus.
Dans le vin, le vrac AOP Bordeaux s'échange à 900 € le tonneau pour un coût de production à 1800 €.
Ce n'est pas une crise du vin. Ce n'est pas une crise du lait. Ce n'est pas une crise du pain. C'est une crise du «bien faire».
Partout, ceux qui produisent mieux sont punis par un marché qui ne veut payer que le prix du moins-disant.
Et pendant ce temps, le consommateur exige de la transparence, du bio, du local, de la traçabilité. Il exige tout. Sauf de payer ce que ça coûte à qui le produit réellement…
Ce que j'observe aujourd'hui dépasse largement le vin.
C'est un choix de société. On décide collectivement de ce qu'on valorise.
Pour l'instant, on valorise un téléphone, un t-shirt jetable et un café à emporter.
Pas le travail de ceux qui nourrissent, qui entretiennent les paysages et qui préservent les sols.
Ce choix a des conséquences. Et elles sont déjà visibles