28/01/2026
[Touchant] De blouse blanche à patient : l’histoire de Mathis, médecin face au cancer
Jusqu’au 16 juin 2025, Mathis était de ceux qui soignent.
Médecin anesthésiste-réanimateur caennais, âgé de 34 ans, il connaissait les hôpitaux de l’intérieur, les diagnostics difficiles, les annonces lourdes à porter.
Il faisait partie de ceux qui accompagnent, expliquent, rassurent.
Puis, ce jour-là, tout bascule.
Le diagnostic tombe : lymphome B diffus à grandes cellules, un cancer agressif des globules blancs. En quelques mots, Mathis passe de l’autre côté de la barrière.
De soignant, il devient patient.
De celui qui maîtrise les protocoles, il devient celui qui les subit.
Connaître la maladie ne protège pas de l’annonce.
Au contraire, chaque mot médical résonne autrement lorsqu’il vous concerne.
Chaque examen, chaque traitement n’est plus une abstraction, mais une réalité à traverser.
Le protocole est lourd : 91 jours de chimiothérapie.
91 jours rythmés par les cures, la fatigue, l’attente, l’incertitude.
Face à cela, Mathis fait un choix fort : ne pas rester immobile.
À ces 91 jours de traitement, il décide de répondre par 91 jours d’activité physique.
Pas pour performer.
Pas pour nier la maladie.
Mais pour rester acteur, jour après jour.
Pour rappeler à son corps qu’il est encore vivant, capable de mouvement, de résistance.
Courir devient alors un langage.
Un moyen de reprendre prise sur ce qui échappe.
Un moyen de transformer l’épreuve en engagement.
De cette démarche naît La One Patate Man : un défi sportif de plus de 50 kilomètres, pensé comme un symbole.
Chaque pas devient un message.
Une manière, avec ses mots à lui, de « mettre une patate » au cancer.
Ce combat personnel prend rapidement une dimension collective.
Mathis lance une collecte solidaire au profit du Centre François Baclesse, établissement de référence dans la lutte contre le cancer à Caen.
Une façon de soutenir la recherche, les équipes soignantes et les patients qui, chaque jour, vivent ces parcours éprouvants.
Son histoire touche parce qu’elle est simple et vraie.
Parce qu’elle montre que même lorsqu’on connaît la maladie, on n’est jamais préparé à la vivre.
Et parce qu’elle rappelle qu’au cœur de la vulnérabilité peut naître une force inattendue.
De blouse blanche à patient, Mathis incarne une réalité souvent silencieuse : celle des soignants qui, un jour, deviennent soignés, et qui continuent, malgré tout, à se battre.
Pour eux.
Et pour les autres.