06/12/2021
Annaba, (en arabe : عنابة, en berbère : ⴱⵓⵏⴰ), « Bouna », anciennement Bône lors de la colonisation française et surnommée « Medinet Zaoui »[4] ou encore « La Coquette »[4], est la quatrième ville d'Algérie en nombre d'habitants après la capitale Alger, Oran et Constantine.La ville d'Annaba est située dans le nord-est du pays, à 536 km à l'est d'Alger et à 105,7 km à l'ouest de la frontière tunisienne. Annaba est une métropole littorale dont la population de l'agglomération dépassait 600 000 habitants en 2008
La région d'Annaba est riche en découvertes archéologiques datant de la Préhistoire de - 2 millions d'années. Les Homo Erectus auraient vécu dans cette région depuis le Paléolithique supérieur (-1,8 million d'années à -100 000 ans). À partir du Néolithique, un nouveau type d'humains fait son apparition : le « Protoméditerranéen ».
L'homme est apparu dans le périmètre d'Annaba depuis le Paléolithique, dans la zone de Ras-Al-Hamra (Cap de Garde), dans les collines de Bouhamra. Les hommes préhistoriques ont laissé de nombreux témoignages dans la région de Bône : silex taillés ou polis, menhirs, cromlechs, dolmens, que ce soit à Roknia pour le plus connu ou bien encore à Guelma, Le Tarf ou Chapuis.
En parallèle, une autre civilisation dite capsienne s'est développée dans la région de Gafsa qui se situait au Sud-Ouest de la Tunisie. Les Capsiens, sur le plan anthropologique, sont très similaires aux habitants de l'Afrique du Nord. Les préhistoriens affirment donc que les premiers Maghrébins sont issus des Protoméditerranéens Capsiens, qui représentent la première lignée berbère.
À la fin du Ve millénaire av. J.-C., fin de l'ère Néolithique, débute l'ère de la Préhistoire (-5 000 à - 3 000 ans). Les archéologues découvrent lors de leurs recherches en Afrique du Nord architecture, des sépultures funéraires et des poteries rudimentaires datant de cette époque.
Les découvertes prouvant l'existence passée de l'homme préhistorique dans la région d'Annaba sont les mêmes que dans tout le bassin méditerranéen : a***s et outils en pierre, abris sous roches, sépultures de pierre brute, dolmens, etc.
Antiquité : fondation d'Hippone Modifier
Article connexe : Hippone.
Localisation des cités romaines de l'Afrique romaine.
Mosaïque du musée de Hippone, illustrant des anges viticulteurs.
C'est un ancien comptoir punique fondé durant l'extension de la civilisation des Phéniciens au-delà de leurs frontières originelles. Sa création se situe à l'arrivée de ces derniers sur les côtes de l'océan Atlantique vers 2 000 ans av. J.-C.. Il est connu que les Phéniciens excellaient dans la navigation marine, car ils avaient compris que la prospérité, la fructification de leurs richesses et le développement économique ne pouvaient provenir qu'au-delà des limites marines. II leur fallait donc traverser océans et mers pour assouvir leurs buts expansionnistes. Mais les distances lointaines entre la Phénicie et les grands centres commerciaux ou les grandes villes situées le long de la façade marine du continent les poussèrent à établir des comptoirs commerciaux. C'est dans cet ordre d'idées qu'en 1100 av. J.-C., les Phéniciens de la ville de Tyr fondèrent en Afrique antique (l'actuelle Tunisie) la ville d'Utique, considérée comme leur plus ancien comptoir (Utique signifiant « ancienne « ou « antique » en phénien, comme du reste en arabe. Plus t**d, vers 814 av. J.-C. fut fondée Qarthadesh (Carthage), c'est-à-dire « la ville nouvelle ». Des activités commerciales se sont développées avec les Phéniciens, qui y faisaient souvent escale au retour de leurs campagnes cabotières au pays des Tartessiens (sud-est de l'Espagne). Ces Phéniciens étaient des sémites du groupe cananéen venus de la côte du Liban actuel).
Du vie au iiie siècle av. J.-C., Hippone (ou Hippot) se soumet à l'hégémonie carthaginoise. Au iiie siècle av. J.-C., la consolidation du royaume numide, notamment sous le règne de Massinissa et de ses successeurs, entraîne l'intégration d'Hippone au royaume numide ; elle devient une ville royale, Hippo Regius. Ce rang est dû probablement à son rôle de port assurant les liaisons entre l'arrière-pays et la Méditerranée.
Grâce aux Phéniciens, qui y ont apporté les connaissances et savoir-faire de toutes les civilisations du Moyen-Orient, la cité dernière devient l'un des grands centres de la nouvelle province numide soumise aux Romains, l'Africa Nova. Les vestiges actuels correspondent à la phase romaine puis aux phases vandale et byzantine.
L'histoire d'Hippone se confond avec celle de Carthage, dont elle adoptera peu à peu les mœurs, les coutumes, la religion et la langue.
La prospérité de Carthage provoqua des rivalités avec ses voisins. Trois groupes prédominaient à l'époque en Afrique du Nord : les Maures à l'ouest, les Gétules au sud et les Numides à l'est et au centre. La Numidie était divisée en deux royaumes : celui des Masaesyles à l'ouest et celui des Massyles à l'est. Les guerres puniques embrasèrent tout le monde antique. Hippone et sa région furent alors envahie par les Massyles, dont le roi Massinissa était l'allié aux Romains. Hippone ne connut l'indépendance et la paix qu'après la chute de Carthage en - 146.
On pense qu'Hippone avait été choisie, à la fin de la seconde guerre punique, comme résidence favorite des rois Numides, lui donnant, du fait de sa situation géographique, le prestige d'une « ville de plaisance » après la chute de Carthage. Elle sera appelée « ville royale » pendant tout un siècle.
La particularité d'Hippone à l'époque chrétienne est qu'elle est devenue un centre de rayonnement de la pensée théologique de son évêque, saint Augustin (354-430).
Hippone chrétienne (240 à 670) - Saint Augustin (354-430)
Saint Augustin et sa mère sainte Monique figure du christianisme dans la région d'Annaba.
Le christianisme a dû faire son apparition en Afrique du Nord au début du iiie siècle. Les premiers Africains convertis à cette nouvelle religion ont été torturés et livrés aux fauves par les Romains, notamment lors de la Grande persécution de Dioclétien (303-304). La Paix de Maxence (307) ouvre une période de tolérance, troublée au sein de l'Église d'Afrique par l'apparition du donatisme : à l'occasion de la succession de l'évêque de Carthage, une fraction de l'église fait sécession sous la direction de Donat, donnant lieu à un schisme, le donatisme, qui subira une alternance de tolérance et de répression, tout en n'hésitant pas à pratiquer lui-même la violence et persécution. Le conflit, théologique et matériel, entre le catholicisme et ce schisme africain, durera jusqu'à l'extinction du donatisme pendant la domination vandale. En 362, l'empereur Julien autorisa la pratique de toutes les tendances du christianisme. Mais en 380, l'empereur Théodose Ier déclara le catholicisme religion officielle de l'Empire. C'est à partir de 395 que l'évêque d'Hippone Augustin (futur saint Augustin) développa les arguments contre le donatisme. Se sentant personnellement menacé, il fit appel à l'autorité impériale; l'édit de Ravenne de 412 déclara le donatisme hors la loi. Par la hauteur de ses vues et la qualité de ses écrits, Augustin fit d'Hippone un centre de rayonnement de la pensée chrétienne au début du ve siècle, jouant un rôle primordial dans la consolidation du catholicisme, et établissant les assises définitives de l'église moderne, dont il sera considéré comme un des Pères et Docteurs. Localement, il fonda à Hippone un monastère.
Invasion vandale (431-533) - Reconquête byzantine (533) Modifier
Les Vandales (peuple germanique), chassés par les Huns (peuple nomade d'Asie centrale), envahissent la Gaule (406), l'Espagne (409), et franchissent le détroit de Gibraltar en 429 pour conquérir l'Afrique du Nord. Ils sont chrétiens, mais adeptes d'une conception dissidente de la nature du Christ, l'arianisme (rejeté comme hérétique par le premier concile de Nicée de 325). En mai 430, Hippone fut assiégée. La ville résista 18 mois, mais les campagnes voisines furent pillées. Au cours de ce siège, l'évêque Augustin décéda. L'église se hâta d'assurer la conservation de la bibliothèque et des manuscrits du futur saint peu après son décès. La mort de cette éminente figure de l'orthodoxie coïncide ainsi avec la défaite romaine dans la région sous les coups des Vandales. La ville devint la capitale de Genséric et de ses successeurs, maîtres de toute l'Afrique du Nord (anciennes provinces de Numidie et de Proconsulaire [Est algérien et Tunisie] pendant plus d'un siècle, mises à part Cirta et Carthage, qui tombera en 439). Hippone connaîtra alors une période de relative tranquillité (mais aussi d'atrophie à tous les niveaux), toutefois troublée par quelques révoltes berbères.
En 533, une armée de Constantinople, sous le commandement de Bélisaire, fut envoyée par l'empereur byzantin Justinien Ier, qui se considérait comme héritier de l'ensemble de l'Empire romain, pour reprendre aux Vandales le contrôle de l'Afrique du Nord. La bataille de Tricaméron marquera la chute des Vandales. Mais malgré tous leurs efforts, les Byzantins ne parvinrent pas à redonner à la ville son éclat d'antan, tout au plus constitua-t-elle une escale ou un point de ravitaillement pour la flotte byzantine.
Période des dynasties islamiques.