03/04/2024
PEUT-ON MOURIR POUR AVOIR ARRETE DE PRENDRE LA DROGUE ???
OUI et NON
L’arrêt de la consommation des drogues, appelé couramment sevrage, est source de nombreuses conséquences physiques (syndrome de manque) et psychologiques (dépendance psychologique).
Le syndrome de manque s’installe dans les heures qui suivent l’arrêt de la consommation de la substance psychoactive, son intensité différant selon le produit consommé et le niveau de dépendance. La durée du syndrome de manque (5 à 10 jours en moyenne) varie selon les propriétés neurobiologiques de la substance.
Alors que la dépendance psychologique qui peut durer pendant des mois est source d’anxiété et d’angoisse, la dépendance physique quant à elle, est responsable des conséquences somatiques qui traduisent le dysfonctionnement de divers organes.
Selon les drogues, le syndrome de manque peut associer plusieurs tableaux cliniques :
- Troubles cardiovasculaires : tachycardie, palpitation, hypersudation, baisse ou augmentation de la pression artérielle……
- Troubles respiratoires : dyspnée, douleur thoracique, toux…
- Troubles neurologiques : insomnie, asthénie, vertiges, céphalée, convulsion, fièvre, sensation de froid, douleurs articulaires, hallucination, tremblement, agitation psychomotrice, coma…
- Troubles digestifs : douleur abdominale, perte d’appétit, vomissement, diarrhée…
Dans la majorité des cas, le syndrome de manque que redoutent pourtant les usagers de drogues, n’est pas mortel. Le toxicomane en manque de son produit, souffre profondément dans sa chaire, mais ne peut pas du tout en mourir.
On ne peut pas mourir pour avoir décidé d’arrêter de consommer de l’héroïne, de la cocaïne, du Tramadol, du cannabis ou de la cigarette.
Alors qu’avec des drogues comme l’héroïne et la cocaïne, c’est l’overdose qui entraîne le décès, l’alcool est, avec les benzodiazépines (Diazépam), le seul toxique, dont l’arrêt brutal peut entraîner la mort.
L’arrêt de l’alcool peut être mortel chez les alcooliques qui boivent régulièrement et en grande quantité et ont une dépendance physique à l’alcool. La célèbre chanteuse Amy Winehouse, décédée brutalement le 23 juillet 2011, serait une parfaite illustration.
La consommation répétée et en grande quantité d’alcool agit sur le système nerveux central, entretenant une homéostasie dont l’arrêt de la consommation engendre dans les heures qui suivent, une perturbation. Chez l’alcoolo-dépendant, l’alcool va en quelque sorte "anesthésier" le cerveau, son arrêt brutal provoquant une hyperexcitabilité à l’ origine de crises d'épilepsie ou, dans les cas les plus graves, de delirium tremens"
Le delirium tremens du sevrage alcoolique, est la conséquence logique de la déshydratation et des troubles métaboliques associés. Il se manifeste par : le délire (perte de contact avec la réalité), l’agitation et la désorientation, l’hypersudation (sueurs abondantes), de la fièvre, parfois des hallucinations….
Sans une prise en charge médicale adéquate, ou sans une nouvelle consommation d’alcool, l’évolution du délirium trémens peut être fatale, l’alcoolique plongeant progressivement dans un coma, puis la mort.
Jusqu’à 6% des alcooliques qui présentent le délirium tremens pendant le sevrage alcoolique, trouvent la mort.
Il est préférable de laisser l’alcoolique qui a une dépendance physique continuer à boire, que de le sevrer sans un accompagnement médical adapté, puisqu’il est plus facile de faire arrêter quelqu’un de boire une fois qu’il est hospitalisé, que de le sortir d’un delirium tremens
FONDATION KAM-SIHAM, la Chaine de l’espoir