16/07/2026
À mes voyageurs, à mes pèlerins, à ceux qui savent encore écouter le langage du vent…
Demain, vendredi 17 juillet, les antiques portes du Château ne s’ouvriront qu’au douzième battement du soleil. Ce n’est qu’à 12h00 que l’hospitalité reprendra doucement son souffle entre ces vieilles pierres.
Car il est des jours où même les caravanes les plus fidèles ret**dent leur départ.
Le désert m’a enseigné que nul voyage ne commence sans un regard porté vers ceux qui ont partagé notre feu, notre pain et notre silence. Les dunes savent garder les empreintes, mais elles savent aussi les rendre au vent lorsque vient l’heure du grand départ.
La photographie du Château qui accompagne ces quelques mots m’a été offerte par un ami.
Aujourd’hui, il a quitté notre caravane pour entreprendre l’ultime voyage. Celui dont aucune carte ne révèle les oasis, dont aucun conteur ne connaît la dernière étape, mais que chaque être vivant porte déjà quelque part au fond de son cœur.
Alors, avant que les vents ne se chargent à nouveau de cannelle, de cardamome, de myrrhe et de bois fumé, avant que le parfum du thé à la menthe fraîche ne retrouve les mains de ceux qui arrivent de loin, avant que l’antique hospitalité ne revienne s’asseoir sous les pierres du Château comme un vieil ami fidèle, permettez à un humble voyageur de confier au désert une poignée de sable, un silence et une prière.
Les anciens racontent que le vent n’oublie jamais les noms de ceux qui ont aimé avec sincérité. Il emporte leurs rires au-delà des montagnes, dépose leurs souvenirs dans le creux des oasis et les fait refleurir, un jour, dans le cœur d’un voyageur inconnu.
J’aime croire qu’il en sera ainsi.
Demain, lorsque les portes du Château s’ouvriront à midi, les épices danseront de nouveau dans l’air, les flammes offriront leur chaleur à ceux qui franchiront le seuil, et le thé à la menthe accueillera les voyageurs comme il l’a toujours fait.
Mais, parmi tous ces parfums, il en sera un que moi seul reconnaîtrai.
Celui de la gratitude.
Car certaines rencontres deviennent des souvenirs.
Et certains souvenirs, lorsqu’ils sont portés par le vent, ne meurent jamais.
— Jaahba Araktaham
Le Voyageur aux Mille et Une Épices