06/19/2026
Ô Canada. C’est l’histoire d’un pays qui se dit terre d’accueil. Un pays où la main-d’œuvre est de plus en plus rare. On accepte donc des travailleurs étrangers pour permettre aux entreprises de continuer leurs opérations.
Au départ, le domaine de la restauration bénéficie du fait de n’avoir aucune limite de travailleurs étrangers. Après quelques années et sans avertissement, on fixe les quotas à 10% pour la restauration. Les restaurateurs/trices doivent donc laisser partir des gens pour rencontrer les critères de 10% de leur main-d’œuvre. Ce chiffre sera revu à 15% mais au final, comme on ne peut pas couper une personne en deux, ça ne change rien du tout pour bien des entreprises… Une entreprise qui a 10 employés aura le droit à un seul immigrant parce que même si on a appris à l’école primaire qu’à 1,5 on peut arrondir à 2, ici ce n’est pas le cas. 1,5 = 1…
Sur 4 travailleurs étrangers, on en laisse donc partir 2. Parmi les deux restants chez nous, un a encore son permis pour un an et la deuxième doit refaire sa demande puisque que son permis viendra à échéance dans 6 mois. On commence donc l’interminable paperasse, les nombreuses demandes et l’envoi de TOUS les documents.
D’un côté, la personne derrière son bureau dans sa tour doit s’assurer que l’entreprise se qualifie selon les règles (besoins de main-d’œuvre, bon domaine d’entreprise, 15% maximum de sa main-d’œuvre, etc…) De l’autre côté, on doit prouver que la candidate se qualifie selon son expérience et le poste qu’elle occupera au sein de l’entreprise, valider son identité, passeport, etc… Lorsque tout concorde, la réponse est oui.
Voici maintenant la réalité de notre beau pays, la « Terre de nos aïeux ». Monsieur /Madame fonctionnaire est incapable d’ouvrir le document qui atteste que notre entreprise se qualifie et respecte les critères (EIMT). Cette personne (même si nous n’avons aucun contact possible et que le courriel est anonyme) nous dit donc qu’il/elle est incapable d’ouvrir le document en question. Nous renvoyons donc à nouveau à document dans les délais prescrits (9 mars). Nous attendrons jusqu’en mai pour recevoir un message disant que le document n’a jamais été envoyé et que la demande est REFUSÉE! C'est l'équivalent de recevoir une note de 0 parce que l'enseignante est incapable d'ouvrir le document! Sans possibilité de trouver une façon de simplement lui remettre.
Résumons donc la situation. Notre employée mexicaine, présente chez nous depuis 3 ans, respecte tous les critères. Qualifications, domaine de travail, tout. Notre entreprise respecte les nouveaux critères de 15% de la main-d’œuvre (on respectait même le 10% avant que ça change). Tous les documents ont été envoyés, dans les délais. Il n’y a aucune raison de refuser le dossier. AUCUNE! La suite? Impossible de communiquer avec le gouvernement, puisque les courriels ne sont pas identifiés. Ce n’est pas une personne qui nous répond, c’est notre cher Canada et ces « brillants exploits ». Il faut attendre 3 mois pour recevoir une révision de dossier. Après 6 mois d’attente pour une réponse négative causée par eux-mêmes, il faut ajouter 3 mois de révision à cause d’une erreur de fonctionnaire. Un restaurant n’est pas une agence d’immigration. 9 mois de travail pour pouvoir obtenir un contrat d’un an! Même Astérix doit sentir la compétition envers son laissez-passer A-38 dans sa maison de fous et ses 12 travaux… Un restaurant est supposé s’occuper de ses clients et trouver la meilleure main-d’œuvre possible, pas faire le travail d’un(e) fonctionnaire en immigration qui peut se permettre d’attendre 3 mois pour décider de l’avenir d’une personne.
Mais ce n’est pas fini. En attendant la révision de l’erreur causée par notre gouvernement, cette personne n’a plus le droit de travailler au Canada. Elle a encore le droit d’y vivre (pour l’instant), mais sans revenus. Trouver l’erreur! Comment payer son loyer et se nourrir si on n’a pas accès au filet social et pas le droit de gagner sa vie, à cause d’une erreur administrative d’une personne anonyme assise dans sa tour? Ces personnes ne sont pas des numéros, ils sont des humains qui viennent non seulement travailler ici, mais ils/elles s’intègrent à notre communauté. Ils ont des enfants. Une simple erreur de bureau qui devrait prendre 22 minutes à corriger met la vie de gens respectables sur pause, pendant des mois, sans savoir s’ils devront repartir dans leur pays d’origine pour aucune raison. ABSOLUMENT AUCUNE! POUR UNE ERREUR ADMINSITRATIVE!
Ô Canada. Tu dis vouloir protéger « nos foyers et nos droits » mais quand on voit ce genre de situations, on comprend pourquoi « ton histoire est une épopée ».