09/25/2026
J’aimerais que vous preniez une minute de votre précieux temps pour lire cette publication svp.🙏
La Manon citée dans la publication, c’est moi. Et oui, chaque fois que je prends l’autoroute 50, ça me bouleverse. J’imagine ce corridor qui est en fait un grand mur grillagé de ce TGV à venir, traverser notre paysage et je n’arrive pas à croire que Mirabel pourrait revivre encore une fois les conséquences d’un grand projet fédéral.
Il suffit de passer devant l’ancien hôtel de l’aéroport, toujours là et délabré, pour se rappeler ce qu’est devenu le « grand rêve » de l’époque.
Je ne veux pas que l’histoire se répète. D’autres solutions de transport méritent d’être sérieusement étudiées et comparées avant de sacrifier à nouveau notre territoire et de bouleverser des vies. Nous avons besoin de votre appuie. Car ensemble, ont est plus fort. 💪
𝐓𝐆𝐕 𝐀𝐥𝐭𝐨 : 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐢𝐭𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐌𝐢𝐫𝐚𝐛𝐞𝐥 𝐞𝐧 𝐪𝐮𝐞̂𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞𝐬… 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐫𝐢𝐭𝐞́
𝐋'𝐨𝐩𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐮 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐓𝐆𝐕 𝐀𝐥𝐭𝐨 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐬'𝐨𝐫𝐠𝐚𝐧𝐢𝐬𝐞𝐫, 𝐧𝐨𝐭𝐚𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐌𝐢𝐫𝐚𝐛𝐞𝐥, 𝐨𝐮̀ 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞𝐮𝐱 𝐚𝐠𝐫𝐢𝐜𝐮𝐥𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐜𝐫𝐚𝐢𝐠𝐧𝐞𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐜𝐢𝐧𝐝𝐞́𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐫𝐫𝐢𝐝𝐨𝐫 𝐝𝐮 𝐭𝐫𝐚𝐢𝐧.
Raphaëlle Drouin
Publié à 4 h 00 HAE
« Je m’en viens sur l’autoroute, je regarde le paysage et j’imagine le mur. Je capote. Je capote », lance Manon Girard. Le mur, c’est le corridor du TGV Alto qui pourrait passer près de sa résidence située sur un rang de Mirabel, dans les Laurentides.
Celle qui a vécu les expropriations liées à l’aéroport, il y a 50 ans, se tient informée des nouveaux développements dans le projet de TGV. Et elle n’est pas la seule. C’était salle comble, jeudi soir, au Centre culturel du Domaine-Vert Nord. Environ 200 personnes se sont réunies pour entendre les conclusions de deux experts indépendants qui ont analysé le plan d’Alto.
“𝐃𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐣𝐚𝐧𝐯𝐢𝐞𝐫, 𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐬𝐚𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐚𝐮 𝐠𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭-𝐥𝐚̀ 𝐧’𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐞𝐧𝐬. 𝐕𝐨𝐮𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞𝐳 𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐞𝐬𝐩𝐨𝐢𝐫!”
- 𝐋𝐢𝐬𝐞 𝐁𝐞𝐚𝐮𝐜𝐡𝐚𝐦𝐩, 𝐚𝐠𝐫𝐢𝐜𝐮𝐥𝐭𝐫𝐢𝐜𝐞
La mairesse de Pointe-Fortune, près de Rigaud, s’est aussi montrée émotive de voir la mobilisation autour de la conférence organisée par le chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Mirabel, Robert Charron.
“[Pointe-Fortune], c’est une toute petite municipalité : 648 habitants, 5 kilomètres de long, 9 kilomètres carrés, un budget annuel d’un million. Donc de faire face à un projet comme Alto, c’est épeurant. C’est immense, a indiqué Sandra Lavoratore.
Les participants semblaient en quête de réponses, mais aussi de solidarité dans la mobilisation contre le projet de TGV Alto. Surtout que de nombreux agriculteurs craignent que l’on cogne bientôt à leurs portes pour leur proposer des compensations contre l’accès à leurs terres. En tout, 1700 propriétés pourraient être expropriées, dont au moins 500 terres agricoles.
“𝐄𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭-𝐥𝐚̀ 𝐚 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐩𝐥𝐚𝐧𝐢𝐟𝐢𝐞́?”
Pour les deux experts invités, le projet de TGV Alto tel qu’il est présenté coûte beaucoup trop cher pour trop peu de bénéfices. Ils [Alto] nous présentent un projet qui rapporte 49 milliards de dollars et qui coûte, au bas mot, 60 milliards de dollars. Moi, je fermerais les livres et je m’en irais chez nous, a déclaré Jacques Roy, professeur émérite en gestion des transports et de la logistique à HEC Montréal.
Le chercheur a présenté les résultats d’un rapport produit avec deux autres experts ce printemps. Ils concluent que les estimations de coûts du projet d’Alto, qui prédit une facture entre 60 et 90 milliards de dollars, sont largement sous-estimées, alors que les prévisions d’achalandage, elles, sont assez jovialistes.
“Est-ce que ce projet-là a vraiment été planifié?”, a demandé au micro Jean Mercier, professeur associé en politiques publiques et transport collectif à l’Université Laval.
Les chercheurs soutiennent qu’un train à grande fréquence (TGF) pouvant circuler sur des emprises ferroviaires déjà existantes aurait été une meilleure option qu’un TGV, puisque moins dispendieux et moins perturbateur.
Une opinion qui rejoint celle de l’Union des producteurs agricoles (UPA), qui demande toujours à voir les expertises ayant convaincu le gouvernement fédéral et Alto que le TGV était le choix à privilégier. On veut qu’on le prenne au sérieux ce projet-là [de TGF], qu’on l’analyse, qu’on le prenne au sérieux, a martelé M. Mercier.
Toutefois, selon Alto, une étude comparative a récemment été réalisée par le gouvernement canadien et elle a conclu que le train à grande vitesse offrait un meilleur retour sur investissement que le train à grande fréquence.
On ne connaît pas encore le tracé final du projet de TGV Alto. La société d'État fédérale promet encore des consultations.