01/09/2026
Ce matin, la lagune a ouvert un œil.
Un nymphéa s'est déplié comme une main qui s'offre, rose au bord, or au cœur, et juste au-dessus de l'eau, une libellule vient de naître — ailes encore fraîches, posée sur son fil de jonc comme sur un fil funambule, entre ciel et miroir noir.
C'est la première. Celle qui dit que le bassin n'est plus un simple point d'eau, mais un endroit vivant, qui respire à son rythme, qui couve ses propres habitants, qui apprend à se purifier lui-même — patiemment, silencieusement, sans rien devoir à personne d'autre qu'au temps et à la vie qui s'y installe.
Une lagune qui naît est une lagune qui promet : de l'eau claire, née de ses propres équilibres, portée par les racines, les feuilles, les ailes fragiles de ce premier insecte tout juste sorti de l'onde.
Un petit coin d'eau. Un grand commencement.