Fatty Gourmand - World Class Restaurants

Fatty Gourmand - World Class Restaurants Chroniqueur gastronomique et culinaire depuis 1994, Philippe Genion partage avec vous ses top restos

Le Vieux Château à Flobecq, Août 2026Quelle joie de retourner à Flobecq pour découvrir les créations estivales de ce che...
16/08/2026

Le Vieux Château à Flobecq, Août 2026

Quelle joie de retourner à Flobecq pour découvrir les créations estivales de ce chef merveilleux qu’est Tanguy de Turck !

C’est ma quatrième visite dans cet endroit formidable qui est en constante progression depuis ces dernières années. C’est un privilège de manger dans un restaurant dont ton expérience te confirme à chaque fois que c’est un « futur X🌟 » et que cette conclusion se vérifie d’année en année jusque-là. Voyons donc si ça se vérifie encore un fois.

Un peu de géographie d’abord. On est à Flobecq, l’absolu Nord-Est du Hainaut, au Nord de Ath, dans ce qu’on appelle le « Pays des Collines » hanté à l’Ouest par les terrifiantes Sorchiles d’Ellezelles !

Le lieu est très beau. Depuis la route on tourne dans le petit chemin pavé, on passe le grand portail de pierre, vers l’allée centrale verdoyante menant vers le petit parterre puis le grand « pont levis » par lequel on accède enfin au bâtiment. D’abord le hall d’entrée chaud et cossu, l’accueil classieux, les vieilles pierres faisant ensuite place à la modernité de la grande salle entièrement vitrée, élégante et lumineuse, ses tables parfaitement dressées, et tout y est splendide. Une classe internationale plane tout autour de cet endroit.

Une belle coupe de Champagne Diebolt-Valois et un superbe Sekt brut nature de Riesling allemand pour débuter et on t’ouvre les papilles avec trois fort belles mises en bouche. Finies les petites bouchées, on va sur trois compositions très complexes et structurées :

« Ouverture du Chef » : maïs et cresson ! Tant mieux, ce sont deux produits que j’adore !!! Tuile de Maïs, tapioca mariné dans le jus de cresson, Mini-maïs tranchés, petite sauce épicée et coulis de cresson clarifié pour finir. C’était époustouflant ! Quel démarrage. On aurait pu avoir ça en entrée !

Tartare de Homard bleu, en forme de petite couronne, mayonnaise à l’aneth et couronne de riz noir soufflé. Il arrive entouré d’un coulis vert d’aneth et on vient ensuite servir par-dessus un coulis de Poivrons rouges pimentés. Le semble en devient totalement orgasmique.

Enfin, Gambero Rosso, superbe produit, servie froide avec une émulsion de Bisque et une eau de Tomates toutes deux délicieuses.

Le menu est de 5 services, plus un plat signature en option, et un menu végétal est également disponible.

On démarre ! Filet de Bar en cru, Tomates et Livèche : coulis de tomate Green Zebra et livèche, jalapeño, ail et trois variétés de vinaigres, avec chlorophylle d’épinards pour marquer la couleur. Un vrai petit jardin de feuilles et fleurs dont la capucine apportant une belle amertume. Le tartare de bar était d’une fraîcheur exceptionnelle et le jus acidulé rendait l’ensemble très gourmand. Grace à la multitude d’herbes, feuilles, pétales, petits croustillants etc, un peu dans l’esprit du Gargouillou de Michel Bras, chaque fourchette fut différente. Vraiment très bon.

La cuisine est entièrement vitrée, le spectacle est permanent.

On continue avec Cabillaud cuit à la vapeur, totalement nacré, enroulé dans une gaine de courgette jaune façon futomaki, avec les parures du cabillaud assemblées et une mayonnaise à base d’huile au chorizo.
Deux sauces, une sorte de beurre blanc au verjus et une salsa verde, un peu comme du chimichurri, avec les feuilles encore plus noir deux ce qui apportait de la mâche.

Le Vieux Chateau possède une des plus belles cartes des vins que j’aie vu depuis longtemps. Enorme livre à la superbe couverture en cuir, pages en carton, et contenu magnifique. Thomas Pico. Nicolas Joly. Clos d’Opleeuw. Tissot…. Des listes interminables de superbes domaines et cuvées. Bravo encore.

Homard bleu cuit au barbecue japonais, jus au kimchi, Fleurs de Fenouil, et Kimchi. C’était un plat plus simple, un tronçon de homard cuit comme il se doit, un peu ferme mais très savoureux, mais un peu dépassé par sa sauce, très puissante. Étonnamment sur ce plat, c’est l’accord sans alcool proposé par Davina qui allait le mieux avec le plat, une decoction de fruits rouges mélangée à je ne sais plus quoi. Ca venait bien laver la bouche de la puissance de la sauce, et au final c’est cette boisson qui équilibrait le plat ! 👍🏼

Le service est excellent, on est aussi dans un niveau multi-étoilé de ce côté. Beaucoup d’attention au détail, Davina la Maître d’hôtel vérifie tout à chacun de ses passages en salle.

Chariot de pains cuits chaque matin et chaque après-midi, présentés par une jeune boulangère, plusieurs huiles d’olive et un beurre travaillé, fleur de sel à table, brossage des nappes à différents moments. Petits poufs en velours gris pour que les dames y posent leur sac et les messieurs leurs téléphones ou autres accessoires. Top top.

Et voici le plat signature.

Langoustine bretonne, énorme (taille 3-4 au kilo) et absolument parfaite, pure, cuisson splendide, avec une belle quenelle de chez House Of Caviar, posé sur un magnifique petit écrasé de Ratte du Touquet au beurre et herbes, le tout arrosé d’un beurre aux zestes d’orange succulent.
… 🙀
J’ai pleuré.
Je ne dis pas ça à la légère.
J’ai mangé en poussant de longs soupirs de contentement et à la troisième cuillère, mon visage s’est figé et une grosse larme a coulé. Ceci m’est arrivé une quinzaine de fois seulement dans les trente ans de ma carrière de gastronome depuis 1994, de tchouler sur un plat. Dans ces cas-là, on ne se tortille pas à chercher une cotation ; si le plat vous a fait pleurer, c’est 20/20. 💎

Les deux sélections de vins proposées par le sommelier Tom Smet ont toujours énormément de sens, de beaux accords. Il est vraiment très talentueux. La sélection sans alcool était également fort intéressante, je la recommande en parallèle aux vins.

*** Si vous voulez faire une pause dans la partie « repas » de mon reportage, scrollez à la fin pour lire l’historique du restaurant et de son chef. Une grande leçon de courage. ***

Incartade purement végétale, nous avons choisi d’ajouter un des plats du menu végétal, le Wellington de Betterave ! Le plat a été créé entièrement par le second, le très talentueux Loane Macktelinck. Splendide croûte présentée entière à table à sa sortie du four, ensuite tranchée et servie avec une sauce au vin rouge et un petit croissant de pommes de terre. C’était délicieux, la betterave était ultra gourmande, très bien travaillée, surmontée d’une duxelle de champignons également succulents, la pâte feuilletée parfaite et la sauce superbe. Bravo ! Il ne faut pas hésiter à demander d’ajouter l’un ou l’autre plat végétal au menu ou au contraire, prendre le menu végétal et ajouter un plat carné. Je signale que le Vieux Château figure dans le top 100 des restaurants végétaux du monde sur la célèbre liste We’re Smart.

Je dois signaler qu’une belle chaise confortable pour mon ample séant avait été prévue, et qu’on m’avait indiqué de venir avec la voiture jusqu’au bâtiment afin de m’éviter la marche. Merci énormément. Et Bravo ! Ils ont également un accueil spécifique pour les PMR sur demande, vu les quatre petites marches à passer pour arriver. Top !

Enfin, le plat, un superbe bœuf Wagyu Kagoshima A5+ ! Une tranche à la cuisson bleue millimétrée, à la première pression des dents, une ej*******on de gras à 360* (un bœuf en 4DX!) recouvre toutes les muqueuses de votre bouche. Quelle claque !! Wow. En satellite, un petit tartare de Wagyu dans une petite ballotine végétale, puis une Pomme dauphine et jus de cuisson puis un sabayon au Sambai (un mélange japonais de vinaigre de riz, sauce soja et mirin). C’était un plat magnifique.

Nous avons vu passer le superbe chariot de fromages et c’est la Maître d’hôtel Davina Declerq, toujours aussi élégante, resplendissante et au sourire communicatif qui le présentait, mais vu notre beau menu, on n’avait plus la place donc on a pris une assiette pour deux. Le plateau offre un fort beau choix, suffisant, une sélection très éclairée, et aussi de beaux accompagnements, dattes, granola, confitures et plusieurs pains spéciaux.

Un fort beau dessert autour de la Framboise, le Pastis, le Sarrasin et l’Anaïs. Crèmes, sorbet, crème glacée, crumble, et framboises entières, le tout avec un fort bel équilibre sur la fraîcheur.

Suivirent quatre mignardises excellentes et pour repartir à la maison un petit sac cadeau contenant des marshmallows et des pâtes de fruits faits maison.

On a pas mal parlé avec le chef qui est extrêmement sympathique et fort présent en salle durant tout le repas.

WoW de WoW. 🌟🌟🌟 !! C’était vraiment top de top !!! On a vraiment très très bien mangé. Pour moi la deuxième étoile devrait être une évidence déjà, et je pense que ce chef à l’envergure d’un condor, planera certainement jusqu’au plus haut !

Mais que c’était bon !! Ce repas fut merveilleux. Je suis très heureux de pouvoir dire que cette maison a un futur géant et extrêmement brillant devant elle. Merci à toute l’équipe, c’était juste fabuleux. 👍🏼

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***

Un peu d’histoire.

Cela fait maintenant déjà bien longtemps que Tanguy de Turck a investi ce vieux château de la commune de Flobecq.

C’est en passant devant qu’il s’est demandé pourquoi ce joli bâtiment était à l’abandon. Il a décidé de le louer, de le nettoyer et le rénover, et d’y ouvrir un restaurant. Puis enfin, avec l’aide de ses parents, de le racheter.

Au départ il y a pratiqué une cuisine qui était cohérente avec vieux murs et boiseries, soit viandes, grande rôtisserie, bons plats classiques. En quelques années, il s’est fait un nom, et une première cotation : un fort bel endroit où l’on mange fort bien.

Ensuite ce fut la catastrophe car Tanguy de Turck contracta une maladie très grave qui nécessita 17 opérations au cours des deux années suivantes. Le restaurant connut des moments compliqués, par moment ouvert sans lui, mais aussi des fermetures pendant qu’il devait se battre contre cette maladie contre laquelle il finit enfin par triompher.

Après sa guérison, son courage n’avait fait que grandie et il a fait des travaux importants pour augmenter l’espace de salle par une véranda lumineuse et moderne, mais bec grande cuisine ouverte, sur l’aile droite du château, avec vue sur les douves et les jardins.

Il rouvre donc fin 2019 et quelques mois plus t**d BOUM, seconde catastrophe, le Covid quelques semaines après la grande réouverture, forçant le restaurant à fermer l’enfant presque un an et demi selon les divers confinements de 20 et 21, pile au moment où il avait le plus besoin de rentabiliser ce nouvel espace pour payer les travaux effectués.

Heureusement il arrive à survivre financièrement et ensuite rouvre le Vieux Château et a réussi à faire fructifier son nouvel écrin gastronomique pour le hisser de plus en plus haut. La cotation GaultMillau progresse lentement, par contre Michelin lui accorde une étoile en 2024 !

Le résultat est un véritable temple de la gastronomie à deux pas de la frontière linguistique, mais tout le monde s’en fout de cette frontière, ici on parle tout et on pense belge !

16/08/2026

Quand un ex-directeur du Michelin confirme plat par plat à un chef les cotations 🌟 / 🌟🌟 / 🌟🌟🌟 que tu lui avais données en décembre : Check ! ✅

Noma 3.0 !
09/08/2026

Noma 3.0 !

Noma rouvre à Copenhague : nouvelle direction, sans Redzepi aux commandes et sans ses trois étoiles Michelin

Le restaurant Noma, icône de la cuisine nordique à Copenhague, a rouvert ses portes le 5 août 2026 dans ses locaux historiques de Refshalevej 96. Après une fermeture prolongée et un pop-up à Los Angeles, l’établissement entame ce qu’il présente comme un « nouveau chapitre », marqué par un changement de leadership et l’absence de ses trois étoiles Michelin.

Fondé en 2003 par René Redzepi, Noma a été classé à cinq reprises meilleur restaurant du monde et a obtenu trois étoiles Michelin. Le chef danois, figure majeure de la Nouvelle Cuisine nordique, a cependant quitté la direction opérationnelle après des allégations d’abus physiques et psychologiques formulées par d’anciens employés, rapportées notamment par le New York Times au début de 2026. Redzepi a reconnu avoir causé du tort à certains collaborateurs et a présenté des excuses, tout en contestant certains détails. Il a ensuite annoncé se retirer des opérations quotidiennes.

Dans la nouvelle organisation, Redzepi occupe le poste de directeur créatif. Il se concentre sur des projets à long terme portant sur les insectes, les algues, les légumineuses, les champignons et les innovations technologiques, qui pourront nourrir les futurs menus. La direction opérationnelle est désormais assurée par une équipe issue de la maison : Pablo Soto (chef exécutif, présent depuis plusieurs années), Mette Brink Søberg (responsable de la recherche et du développement) et Annika de Las Heras (CEO du groupe Noma). Soto a souligné que Redzepi ne participe plus aux décisions quotidiennes et que l’équipe en place porte l’essence de Noma vers l’avenir.

Le concept culinaire évolue également. Après le modèle des trois saisons (forêt, mer, végétal), Noma propose désormais douze « micro-saisons » : un menu qui change chaque mois, façonné par les ingrédients, les paysages et les idées du moment. Le menu dégustation est proposé autour de 4 500 couronnes danoises (environ 600-700 euros), le prix montant à environ 6 500 couronnes avec accords vins. Le restaurant ouvre du mercredi au samedi.

Autre changement notable : Noma ne figure pas dans le Guide MICHELIN 2026. L’établissement a indiqué ne pas remplir les conditions d’ouverture suffisante sur l’année, ce qui a entraîné la perte de ses trois étoiles. Pablo Soto a déclaré que l’objectif n’est pas de courir après un indicateur unique d’excellence, mais de poursuivre l’exploration et l’innovation engagées depuis plus de vingt ans. L’équipe met également en avant une attention accrue au bien-être du personnel.

Cette réouverture intervient dans un contexte où la scène gastronomique de Copenhague s’est diversifiée. Alors que Noma a longtemps incarné à lui seul le rayonnement international de la ville, d’autres adresses, dont Kadeau (désormais trois étoiles), Geranium ou Jordnær, illustrent un paysage plus large. Pour Noma, le défi consiste à prouver qu’il peut se réinventer sans son fondateur aux fourneaux et sans le prestige immédiat des étoiles Michelin, tout en restant fidèle à son approche radicale de la saisonnalité et de la créativité.

Les réservations pour les premiers mois ont rapidement trouvé preneurs. Reste à voir si cette nouvelle version, plus collective et rythmée par les micro-saisons, réussira à reconquérir sa place parmi les références mondiales de la gastronomie.

L’Air du Temps, Liernu, Juillet 2026Un an et demi depuis ma dernière visite chez San Degeimbre, c’était trop long. Mais ...
22/07/2026

L’Air du Temps, Liernu, Juillet 2026

Un an et demi depuis ma dernière visite chez San Degeimbre, c’était trop long. Mais comme il n’est plus ouvert le dimanche, c’est difficile pour moi de trouver de la comptabilité horaire avec ceux de mon bar. Enfin, on a trouvé la parade, c’est le 21 juillet, un jour férié on fait rien, lui est ouvert, bingo ; donc nous voilà en route vers Liernu ! En plus, pas de drache nationale donc on n’usera pas les balais d’essuie-glaces !

Au bout des petites rues sinueuses qui mènent à la grande ferme aux murs blancs, l’ample parking était bien garni ce mardi soir. En arrivant, le sourire de Julie nous accueille et elle nous propose de passer dans un des deux petits salons où se passe désormais la séquence « apéritive » du repas.

Opuleusement assis dans de confortables fauteuils et divans en tissus greige et indigo, nous recevons l’eau de bienvenue et commençons à grignoter la tuile de pain qui, sur un fil de nylon, descend du plafond garni de centaines de cordes blanches formant une réelle caresse à l’œil. Le cocktail du moment et le verre de Laherte extra brut de Pinot Meunier furent très agréables, ainsi que les quatre mises en bouche qui seront apportées par un des cuisiniers, qui nous les expliquera en se mettant accroupi pour être au même niveau que le client. Très chouette moment intime et cosy.

Ces Prémices furent :
Buñuelos, pistou, doenjang
Tartelette végétale à la rose
Coussin, crème de jambon aux herbes
Chips soufflé de tapioca, façon Purple Duck

Ensuite, on vous invite table par table, à passer en cuisine où on salue le chef et toute l’équipe, et où nous est proposée la dernière mise en bouche, « Belgitude » : Moules-Frites, mayonnaise, la moule étant enfermée dans une coquille faite à base de pomme de terre noircir à l’encre de seiche. Un délice, j’en veux quarante la prochaine fois.

Enfin, par la grande porte vitrée coulissante, on transite vers la salle. Le décor est toujours aussi splendide et zen, les grandes baies vitrées donnant une vue panoramique et fabuleuse du jardin et des champs de plantations magnifiquement léchés par la lumière chaude et dorée du début de soirée. Les sièges sont en cuir splendide, les tables nappées et impeccables, et le plafond est recouvert de « crolles » en papier blanc donnant une ambiance pure et très cosy. Pas de musique, juste des petits gazouillis d’oiseaux savamment dosés. Quelques « papardelle » de rideaux translucides morcellent la salle en plusieurs zones plus privatives, et de splendides paravents en bois « accordéon » bordent l’accès vers la cuisine, donnant encore plus d’élégance à ce splendide lieu de plaisirs.

Deux premiers menus sont proposés, chacun faits de six séquences axées sur un style de cuisine ou autour d’un ou deux produits qui seront déclinés en plusieurs assiettes. Le menu « Signature » comportera six séquences de deux préparations, le grand menu « Suprématie » lui avec des séquences de trois assiettes chacune.
Un nouveau menu « Exception » a fait son apparition avec la même séquence de prémices mais ensuite trois « gros » services autour de grands produits, en cette saison, la langoustine XXL, le Crabe Royal et le caviar et ensuite le bœuf Wagyu, plus un dessert. Ce menu, qui nécessite une réservation spécifique, a beaucoup de succès

On démarre par la séquence « Les Jardins de Liernu » dont les produits proviennent principalement des hectares de champs que le restaurant possède et qui sont travaillés par leurs propres maraîchers.
Trois assiettes donc, que voici :
Spirale de courgette, jus lacto, huile de sarriette.
Crousti crêpes de baby courgette, laquiclak.
Huître spéciale n°3 en fleur de courgette,
mousse de raifort, huile de céleri.

Les trois préparations étaient fort bonnes avec ma préférence sur la spirale de courgette, légèrement tiède, et le jus lacto-fermenté vraiment délicieux. La petite crêpe croustillante apportait un peu de sucré-salé et une belle texture, alors que l’huître et le raifort terminaient sur une belle note de fraîcheur iodée.

La séquence suivante du menu Suprématie était annoncée comme un match de boxe : Betterave X Saint-Pierre ! Mais peut-être était-ce en fait non pas une affiche de combat, mais un faire-part de mariage ? 💒

Filet de Saint-Pierre en feuille d'angélique, rhubarbe et vanille. Superbe cuisson (le St-Pierre est un poisson délicat, pas facile à saisir sans qu’il ne sèche) avec une texture encore ferme mais fondante ensuite. Sauce magnifique d’un équilibre parfait.

Betterave et lard blanc, condiment acidulé, huacatay. Plus de puissance dans cette partie-ci, la betterave était délicieuse, flamboyante.

Enfin, « Comme un ceviche de Saint-Pierre » lié à l'émulsion d'herbes, radis kimchi. Les herbes étaient en sorbet et le poisson en petits morceaux entre cru et cuit par l’acidité. Très agréable mélange explosent de fraîcheur !

Le service est de toute haute classe. Un véritable ballet humain, avec des sourires et des explications très claires et détaillées de chaque plat. Julie papillonne en salle en tant que maîtresse de maison, Pia et le jeune Arthur rivalisent d’excellence, et le sommelier Alex Liot**d (ancien patron d’un bar à vins en France) et son assistante Izoene sont également très compétents et de bon conseil.

Séquence suivante : « Homard européen Signature » sous forme d’une reprise de trois créations millésimées du chef :

2014 : Géranium : la queue cuite au barbecue, juste saisie avec des relents de fumée. La chair juste entre tendre et finement croquant. Sauce au pélargonium vraiment très bon.

2006 : Fraises : la pince dans une sauce à la fraise vraiment excellente, fraîcheur et acidité en équilibre.

2014 : Reine des prés, ssamjang : une mélange de crèmes et de jus, et la reine des prés se retrouvant également dans l’infusion froide proposée en accord sans alcool. Très élégant !

La partie « plat » fut une séquence sur le « Chevreuil d'été 2026 » :

Filet, émulsion de piment vert doux,
pectine de cassis, kimchi de betteraves jaunes. Très belle assiette « principale » avec une viande ultra rosée et succulente, et une superbe émulsion de piment parfaitement équilibrée qui avec les autres éléments formaient un triple ruban tout autour de la viande. Très arty !

Pêches imprégnées au vin de Porto et épices, un côté sucré rappelant les sauces « classiques » du chevreuil en contraste de la sauce de l’assiette principale.

Fumé : Aubergines, charcuterie de chevreuil, laque. Dernier petit satellite de cette dernière séquence salée, c’était vraiment super bon !

Le nouveau sommelier Alex nous a charmés avec sa sélection de vins tout au long du repas. Un beau chenin sur la séquence végétale, un chardonnay de Rajat Paar sur betterave et st-pierre, un superbe poulsard sur le homard (ça rime en plus) et Faustine rouge d’Abattucci en Corse sur le chevreuil.
En sélection sans alcool aussi, les choix étaient cohérents et agréables.

Nous avons aussi feuilleté la très très belle carte des vins, hyper complète. Le vin est important à l’Air du Temps car on oublie parfois que le premier métier de Sang-Hoon Degeimbre était sommelier ! La cuisine lui est venue ensuite.
Les prix de la carte sont évidemment à l’avenant des deux étoiles, mais cohérents. Ça manque de vins naturels qui pourtant, iraient magnifiquement avec cette cuisine très végétale et naturelle. Mais ça viendra peut-être !

Nous avons aussi opté pour le magnifique service du fromage, où chaque variété proposée et choisie par le chef est servi nature et le même en
préparation valorisée. Mais j’ai oublié de faire la photo de l’assiette !! 🤬

Enfin, la séquence de desserts, sixième et dernière du repas sans compter les mignardises, était intitulée «Cerise à facettes » !

Crémeux de manjari à la flouve, cœur de cerise, facettes de gavotte, sauce chocolatée. Superbe composition, les petits facettes de biscuit gavotte sont posées à la pince une par une. Dedans, le cœur est chocolat et cerise, plus puissant qu’une forêt noire, mais très gourmand.

Et enfin « Comme un terreau à manger », était une petite composition avec un crumble brun foncé posé sur une fine gelée de cerise, quelques fleurs et herbes apportant des notes épicées ou acide.

Les mignardises furent aussi délicieuses, avec dans une boîte, de petits croustillons à tremper dans une sauce posée à l’intérieur du couvercle, à l’envers ! Étonnant ! Aussi petites tartelettes aux fruits rouges et noirs, et une très très bonne madeleine !

Un splendide repas, on est clairement dans le top du top des restaurants de Wallonie, au sommet à mon avis, et une maestria totale, d’une précision et une créativité absolues du début à la fin. Espérons que les constellations s’alignent enfin dans le ciel pour voir l’Air du Temps au firmament de la Belgique et surtout en Wallonie. San le mérite, c’est un Empereur des Saveurs, un Seigneur du Goût, un Toréador des Papilles, comme sa photo en cape rouge de luxe le prouve.

Merci à toute l’équipe pour ce travail exceptionnel !!

Eliane « À la Campagne » - Juillet 2026Durant l’été, Kobe Desramaults a déménagé son restaurant vers les verts pâturages...
15/07/2026

Eliane « À la Campagne » - Juillet 2026

Durant l’été, Kobe Desramaults a déménagé son restaurant vers les verts pâturages du Pajottenland, cette région située au sud-ouest de Bruxelles que certains qualifient de « Toscane belge » ou de petite Provence. C’est un lieu magnifique, verdoyant, Mère Patrie de la Gueuze et garde-manger « vert » de la capitale.

C’est dans la gigantesque grange d’une énorme ferme aux murs hauts et blancs que se déroulera tout l’été le « Pop-Up » de Éliane, LE meilleur restaurant de Belgique, dont la salle bruxelloise est donc fermée en ce moment, jusque septembre. On y voyage via un petit jeu de piste à travers les champs, heureusement impeccablement fléché.

Une fois arrivé, un grand parking fait face à la porte cochère donnant accès à la grande cour bordant la grange. Le Chef et Julia, maîtresse de salle, nous accueillent. Mais on ressort car l’apéro se prend dehors, face aux champs.

Le nouveau Sommelier d’Eliane depuis avril est l’excellent Pierre Cornet, d’origine Chimacienne, que j’avais déjà rencontré chez Contrefaçon à Virelles il y a quelques années. Il nous propose en apéritif un choix d’une méthode champenoise extra-brut, du pet’nat’ des Dehandschutter’s produit à 500m d’ici et un cocktail maison. On a choisi les trois. Voilà. C’est comme ça qu’on est, nous !

C’était divin. Prendre l’apéro et recevoir les mises en bouche face à des champs, à gauche une rivière, un peu plus loin des agneaux qui paissent au soleil du soir, des parterres d’herbes, des ruches, une serre, etc et même une petite chapelle où plus t**d un des plats sera préparé devant nous. Quel bonheur. ☀️ 🌳 🌺 🐝

Sept mises en bouche se succèdent à la table, dont le top furent la feuille de Capucine farcie de chou blanc et livèche, l’œuf de caille fumé entier, et la tartelette aux premières tomates de la saison, etc.

Le détail des sept mises en bouche :

Chou blanc, livèche, capucine.
Chou-rave, basilic, tomate jaune.
Betterave Chioggia, rose, fleur de bergamotte.
Menthe, aubergine, cébette.
Œuf de caille.
Chicharrones, coppa.

Nous pénétrons ensuite dans la grange, l’antre de la magie Kobéenne et estivale. Le chef et ses cuisiniers s’affairent autour d’un splendide fourneau argenté et doré, et d’un long pass d’assemblage des différentes assiettes.

Toutes les tables sont dressées, nous sommes les premiers assis et ensuite ça se remplit en deux « arrivages », 19h et 19h30. Musique rock, jazz, blues etc mais à la Kobe, que du bon : on entendre entre autres Neil Young, Van Morrison, la voix douce et veloutée de Gerry Rafferty…

Le menu démarre. Vichysoisse ! Pas juste un velouté glacé mais autour de l’idée : une courgette jaune « boule » arrive, son couvercle enlevé dévoile la vichyssoise avec une crème glacée de courgette et coulis herbeux délicieux. Le parfait début en fraîcheur.

La suite se résume en un mot : Gargouillou. Ce plat mythique créé par Michel Bras (3* à Laguiole et un chef ayant influencé la planète entière et notamment les chefs espagnols des années 90/00 qui se revendiquent de lui) est un tableau multicolore de légumes, herbes, éléments végétaux de toutes sortes mais de saison uniquement, certains crus, d’autres cuits ou mi-cuits, liés par une discrète sauce. L’assiette est magique. Chaque fourchette est une autre expérience et ça dure, ça dure, une quinzaine de fourchettes et autant de cocktails croquants et fondants en bouche. Une merveille végétale.

Un pain fantastique était à table. Et du beurre qu’ils barattent eux-mêmes !!

C’est Tiziano, le second du chef, et aussi un ancien de Chambre Séparée (le restaurant que Kobe a eu à Gent de 2017 à 2021 après ses treize ans à In de Wulf) qui nous apporte les Beignets d’Escargots Belges, et une sorte de porridge de graines, persil, et pied de cochon. Hyper gourmand.

En salle, Julia et Pierre sont secondés par trois serveurs dont Julien, un ancien de Chambre Séparée !

On reprend avec un superbe Tartare de boeuf dans un petit bonbon de betterave rouge, avec shiso et oxalis. Fraîcheur et puissance d’un assaisonnement parfait.

La sélection de vins de Pierre Cornet est précise mais beau coil plus classique que ce que proposait Esteban Casteur depuis l’ouverture de Eliane. Il est en train de s’affiner et de découvrir les vins naturels. Ça avance. Côté sélection sans alcool c’était magnifique, très bien dosé et plein d’élégance.

On passe aux deux plats.

Pintade, d’abord, une tranche de poitrine et une de peau avec la graisse superbe fondant en bouche. Puis une autre partie de la pintade en tortellini, une mousse des foies, et laitue. Quel plat magnifique, en quatre parties super goûteuses. En plus l’éleveur des pintades était à la table voisine et on a pu le féliciter. J’ai appris que Pintade en flamand se fit « Poule à perles ». Et bien pourquoi pas ! 🐓 💍

Enfin l’Agneau, également deux morceaux différents avec une belle sauce, fleur de courgette farcie des bas morceaux hachés, et oignon. Du goût, de la précision dans la cuisson, parfait.

Alors on nous emmène dehors, pour rejoindre la serre où on nous sert une gueuze Drie Fontein, et où une cheffe cuit un pain plat du four à bois, avec fromage « Fleuri de Méan », sorte de pizza maison totalement fabuleuse qu’on mange debout, ou qu’on ramène en salle, c’est au choix.

Une fois revenu à nos places, on passe à trois beaux desserts, d’abord un sandwiche virtuel à l’oseille qui fond en bouche instantanément !! Fabuleux.

Puis, Physalis, tomate, matricaire odorante sous un disque finement sucré. Magnifique acidité et fraîcheur.

Enfin une petite tarte à la Reine-des-près, avec des cerises marinées à la Schaarbeekse kriek. C’était fin et parfait pour ce final.

En mignardises, une petite tartelette aux fruits rouges et noire, des cerises, des mûres et des gaufres avec une crème glacée sublime à tartiner dessus. Plaisir parfait.

Que dire ? Que Eliane EST le meilleur restaurant de Belgique et que ceci est donc le meilleur pop-up restaurant de Belgique ? Ben oui. Que Kobe Desramaults est le meilleur chef que la Belgique ait jamais eu, et probablement aura eu ? Ben oui. Que tout ceci mérite toutes les toques et toutes le d’étoiles et tous les awards possibles ? Ben oui. Que vous devez y aller ? Ben non, à moins que vous ayez déjà une réservation, c’est full pour l’été.

Par contre Eliane rouvrira ses portes à Bruxelles vers le 20 septembre, les réservations seront ouvertes d’ici peu. Bookez. Bookez vite. Allez-y. Une fois par an au moins, une fois par saison si vous pouvez. C’est un des meilleurs restraints du MONDE et c’est à Bruxelles !!! On a une chance f***e de l’avoir chez nous, tout près ! Il faut y aller, en profiter, car c’est jusque fin 2028, puis fini.

Un énorme bravo à Kobe et toute son équipe, une vraie ruche de travail fantastique. Chacun est à sa place, ça tourne magnifiquement. Exceptionnel en tous points.

Twin de Wulf aan Champ Séparé ? Kobe est le King 👑
La légende continue. 🌟🌟🌟🌟🌟🌈👍🏼

Adresse

Rue De La Chapelle 66
Marchienne-au-Pont
6030

Téléphone

+32475259159

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