Fatty Gourmand - World Class Restaurants

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Fatty Gourmand - World Class Restaurants Chroniqueur gastronomique et culinaire depuis 1994, Philippe Genion partage avec vous ses top restos

Attablez-Vous, Charles Jeandrain, Namur, Octobre 2026Nous voici en route vers Namur afin d’une fois encore nous attabler...
09/10/2026

Attablez-Vous, Charles Jeandrain, Namur, Octobre 2026

Nous voici en route vers Namur afin d’une fois encore nous attabler chez Charles Jeandrain, dans cette magnifique maison wallonne de haute gastronomie.

Après être passé devant le Casino de Namur en direction Profondeville, on grimpe une petite rue sinueuse jusqu’à ce que de belles lumières et un grand logo bleu nous invitent à nous parquer devant cette belle villa.

Quelques marches plus loin, nous entrons au restaurant et saluons le chef sortant de sa cuisine pour accueillir les clients par son large sourire.

Entièrement rénovée il y a quelques années, le restaurant est très design, bois clair, belle lumière, un décor fort impressionnant, beau, zen, entraînant une impression de bien-être dès qu’on y pénètre.

Une fois installés sur la belle banquette de velours beige, autour d’une table ample et sobrement dressée, on vient nous déposer la carte, splendidement présentée dans un porte-menu carré très luxueux. Un menu de saison unique disponible à la carte (plus quelques options uniquement à la carte) ou déclinable en quatre à six services avec le choix de l’expérience fromage en sus. Les prix sont cohérents vu le niveau et les énoncés font déjà saliver dès le début de la lecture.

La splendide bulle « l’Insoumise » des Vins de Liège ainsi que deux Ch*****ne dont du Bollinger et un 100% Pinot Blanc en Brut Nature (0g/L), sont proposés en apéro ainsi que des cocktails maison, options sans alcool et classiques.

Les mises en bouche arrivent en deux services.
Une première bouchée autour du homard, pois et sarriette, très gourmande, nous met le palais en éveil.
Ensuite deux assiettes : d’un côté Butternut rôti avec crémeux de butternut, jambon de bœuf Wagyu et émulsion au café ; de l’autre, chou confit et chou façon kimchi avec émulsion au haddock fumé.
Tout était délicieux, très créatif et pas trop copieux. Le ton est donné. Bravo.

Nous avons opté pour la sélection de vins du sommelier Maxime Vieubled et la sélection sans alcool afin de tout goûter.

Le Pain arrive, fait maison, accompagné de deux beurres, sel et furikake, et une splendide huile d’olive du Péloponnèse.

On démarre le menu par BŒUF « SACHI », avec Huîtres Gillardeau, une « sauce à manger »*, et crème crue.
Un supplément de Caviar Imperial Heritage est proposé.
Le boeuf sachi (boeuf danois élevé dans un esprit zen « style kobe ») était coupé en tartare semi-épais conservant une belle mâche à la viande, la chantilly de crème crue extrêmement pure, l’huître apportant une touche iodée et lactée à la fois, et la sauce plein d’acidité et de peps. L’ensemble était hyper élégant, le tartare sous un voile de gelée transparente et ambrée, faite à base de jus d’huîtres et ponzu, la sauce couleur crème et points d’huile de bourrache contenant des morceaux d’huîtres et de fruits secs réhydratés dans la sauce. Sur le dessus, feuilles et fleur de bourrache. Un vrai tableau. C’était un vrai délice. Grande finesse et précision.

En accord, nous avions une macération d’eaux de tomates avec épices et herbes du sud, et côté vins le Riesling de Moselle de la collection Nat’Cool. Les deux fonctionnaient parfaitement sur le plat.

(*) : Une « sauce à manger » est une expression qui désigne une sauce suffisamment épaisse, riche et garnie pour constituer le cœur d'un plat. C’est commun dans la cuisine africaine, entre autres.

La salle est divisée en deux, salle principale en longueur depuis l’entrée et ensuite la partie en “L” de la maison qui donne sur une gigantesque fenêtre panoramique à la forme pentagonale très étonnante !

ARTICHAUT « 100% VÉGÉTAL »
Comté - champignons - sobacha - jus barigoule truffé. Quelle splendide assiette ! Un pied de nez à tous ces cons qui disent que « s’il n’y a pas de viande dans l’assiette ça ne vaut rien ». Quelle pêche !! Universal goût explosif, l’artichaut avec la sauce truffée, entre finesse et acidité, la sobacha (sarrasin torréfié) les champignons donnant une charpente de sous-bois aux saveurs. Le chef nous a expliqué tous les détails de la construction de ce plat, c’était ahurissant de complexité. Le résultat était vraiment gustativement fabuleux. Une splendide composition !

Le décor du restaurant est blanc et crème, plus cette couleur qu’on appelait greige autrefois. Tout est dans l’élégance, y compris deux superbes arbres fleuris qu’on croirait transpercer le sol au beau milieu des salles.

On continue avec un BAR DE LIGNE ! Très beau poisson, un joli tronçon, cuisson impeccable, assaisonnement aussi, puis en accompagnement une Mouclade, jus de carottes réduit au curry, vinaigre de fleur de sureau avec moules succulentes, et fleur de sureau. Hormis le poisson qui était splendide, la star de l’assiette était carotte, omniprésente, que ce soit dans la sauce, émincée en petite brunoise variée avec moules émincées, et aussi une tranche de carotte « entière »et encore bien ferme. Il y avait aussi une petite mousse verte dont j’imaginais qu’elle était faite des fanes mais en fait c’était une émulsion coriandre. Un plat de très haut vol.

Une sélection de vins bio et naturels est proposée en accompagnement du menu, inspirée et très bien construite par le jeune sommelier Max Vieubled (qui remplace Max, l’ancien, désormais parti officier dans des étoilés du côté de Hong-Kong !). Le nouveau Max est très confiant dans ses choix et les argumente avec brio. La carte est également fort complète et bien garnie. Des propositions sans alcool sont également disponibles.

Le service suivant s’intitule « SIGNATURE » ! C’est un péché mignon du Chef, du Ris de veau « croustillant » dont l’accompagnement variera au fil des saisons. La dernière fois c’était autour du ras-El-Hanout mais cette fois l’inspiration était plus forestière. Les premiers cèpes de la saison, juste poêlés, trois sauces qui se répandaient parfaitement (jus de cèpes, jus de veau corsé, et écume à la sauge) et enfin, ajouté ensuite au poêlon, un Risotto à la sauge et légèrement citronné (citron confit) totalement succulent. La cuisson du ris de veau était, encore une fois parfaite, très croûté à l’extérieur, moelleux et encore finement rosé dans tout le cœur. Quelle claque ! Le plat était du niveau d’un trois étoiles parisien. Top de top.

Notons au passage que le personnel est extrêmement accueillant, aimable, stylé, super bien habillé de costumes assortis, et leurs gestes sont précis et très fort élégants et surtout que leur service est très pro. La moindre miette tombant à table est brossée et éliminée des nappes blanches plusieurs fois durant le repas. Parmi cette « brigade de salle », un visage très familier, le toujours fringant Taïeb, ancien du Sea Grill et du Comme chez Soi, un grand pro et un nouveau depuis quelques mois, Yves, originaire de Marcinelle, au geste très précis et à l’œil vif !

On termine sur un CANARD COLVERT SAUVAGE ! 🦆 Viande formidable, bleue, servie en petites tranches fines sur assiette bien chaude. Petit tronçon de Foie gras un peu trop tiède à mon goût mais fort bon, baies de cassis acidulé, panais en trois textures (chips, purée crémeuse et en petits palets croquants) et une sauce relevée aux cinq épices. C’était un plat de haut vol. Cuissons, assaisonnement, température, goût : tout nickel chrome.

Cette constance dans la qualité des assiettes me rend moi-même étonné du côté superlatif répétitif de chaque paragraphe de cet article. Mais c’est explicable. Au début de cette année, suite au départ de son second, Charles Jeandrain a changé toute l’équipe. Plus de second, le chef à la barre du bateau et autour de lui, que des jeunes. Fi des chipoteries dans l’assiette, des angles clairs : produit, cuisson, assaisonnement, GOÛT !! Et ça marche. On a cette impression de plénitude, de « Zen » du chef, et lui a même rajeuni de visage. L’osmose, probablement. 🤔🤩

Ça fait plaisir à voir, à toucher des lèvres ! Et à goûter ! Et à sentir. Et maintenant à lire et à entendre. Bravo.

Les personnes désirant du FROMAGE sont dirigées vers une petite cave d’affinage située au milieu du restaurant. Dans ce petit espace climatisé, deux niveaux de fromages affinés côtoient une kyrielle de madeires millésimes disponibles au verre. Cette « Expérience Fromage » a même été couronnée d’un prix !

Le prélude au dessert était un granité de chartreuse sur brunoise de pommes verte et p*staches concassées, glace au shizo, fromage blanc. Un bel effet « sucre salé » et une compo super rafraîchissante avec un vrai nettoyage buccal. C’était très bon et aurait pu être le « vrai » dessert.

Enfin le dessert proprement dit, autour des délicieuses NOISETTES DU PIÉMONT, avec la royale Vanille de Tahiti, citron noir d'Iran et café. Énormément de fraîcheur et d’équilibre dans cette dernière assiette accompagnée d’un petit verre de « cocktail » de lait de noisettes finement chocolaté et caféiné.

Avec le café, furent servies de fort belles mignardises visuellement très élégantes et fines en bouche.

C’était un fort beau repas, d’un très haut niveau, et empreint d’une profonde vérité culinaire. Beaucoup de réflexion, et l’expression constante du chef Charles Jeandrain de son envie de le montrer. Car ces efforts se voient, se sentent, se goûtent, et au fil de nos visites nous constatons une évolution vers l’excellence et cela fait plaisir à voir.

Au plaisir de nous ré-attabler ici ! ☺️
Grand Bravo !

L’Horizon, Chaumont-Gistoux, Septembre 2026Nous voici de retour ce dimanche soir, dans cette contrée étrange qu’on appel...
14/09/2026

L’Horizon, Chaumont-Gistoux, Septembre 2026

Nous voici de retour ce dimanche soir, dans cette contrée étrange qu’on appelle LE BÉÉÉWÉ ! 🤩 Mais c’est pas si loin, de Charleroi, on a mis un petit 3/4h pour arriver dans le parking privé de ce beau bâtiment lové au sein de la campagne brabançonne.

On nous accueille de manière fort conviviale et nous sommes installés à une fort belle table ronde. Un choix d’apéritifs est proposé dans un petit livret très élégant, les créatifs (à gauche) et les classiques (à droite) à choisir selon vos goûts ou selon votre position politique ! 🤣 On est dans le Béwé mais j’ai choisi à gauche !

Le negroni est une recette spéciale du chef qui fait marinés des agrumes et des baies de différents poivres doux dans des sacs sous vide (il est venu nous les montrer). Le cocktail maison du moment était une belle création végétal le fort tonique.

Les mises en bouche arrivent entre-temps, apportées par la charmante et magnifique Veslava, la Maman du chef, une véritable fée arborant un authentique sourire et dont la voix douce comme ses yeux, ravira les clients tout au long de la soirée.

Quatre pièces travaillées :

MAKI DE DAIKON, THON BLANC, PÊCHE, CIBOULETTE. Très fin, sublime.

MERINGUE VÉGÉTALE, HUMUS AU GOCHUJANG, KUMQUAT, BASILIC. Étonnant, délicieux.

MOULE FRITE (dans un petit cylindre de biscuit salé fait de pomme de terre, la mise en bouche signature de la maison). J’en voudrais 10 pièces !!

CROUSTADE AVOCAT, CREVETTES GRISES ET CONDIMENT NORI-TSUKUDANI. Explosif et succulent.

Cela fait neuf ans maintenant (2017) qu’Alexandre Ciriello a repris le restaurant familial et l’a transformé en un petit écrin gastronomique d’une quinzaine de couverts à peine, où les gastronomes sont restaurés dans une atmosphère luxueuse, un cadre très cozy et surtout, confortable.

La salle est magnifique, plafonds hauts aux poutres apparentes élégamment peintes, éclairage doux, un somptueux lustre formé de six magnifiques orbes de lumière en verre rougeâtre régnant au-dessus d’une superbe bouquet de fleurs, aux couleurs du changement de saison ! Aux murs, miroirs et petits massifs végétaux décorent et ambiançent parfaitement le séjour.

L’excellent maître d’hôtel et sommelier Leny Michel (toujours superbement habillé) vous y accueille, avant que le Chef Alexandre Ciriello lui-même ne vienne disposer devant vous des cartes de style « Monopoly gourmand » représentant les différents plats travaillés en ce moment. Il vous propose simplement de choisir parmi les cartes représentant les plats proposés, les Pays et les Villes, les « étapes » gourmandes du repas, inspirées par ses voyages culinaires et les produits ou les préparations de ces diverses destinations de la planète.

Un carton représentant un billet de Monopoly est aussi posé à table, qui reprend au verso le prix des différents formules, de 5 à 7 services symbolisés par ces étapes du « Tour du monde » gustatif, la taille des portions variant évidemment selon la longueur du « voyage » que vous aurez choisi !
NB : on peut demander un menu entièrement VÉGÉ en formule Omakase (menu unique, au choix du chef). Mais il faut le commander lors de la réservation.

Une belle brioche arrive à table, accompagnée d’un beurre très fin.

On démarre par une première étape en CORÉE DU SUD !
Yukhoe de boeuf, jaune d'oeuf confit, poire nashi, shiso, oi muchim. C’est un peu la version coréenne de l’américain préparé ! Le bœuf est mélangé à du Gochugang, une pâte épicée faite à base du gochugaru qui le piment brut coréen par excellence. Un peu comme notre sauce américaine.
Le bœuf haché est p*s en forme en un petit cercle plat avec par-dessus, des petites sphères de crèmes et éléments végétaux ainsi que du jaune d’œuf confit. De nouveau on retrouve ici les codes de l’américain à la belge, œuf, légumes, oignons etc. Remplacés par des éléments coréens.
Dans un petit bol à part, des pickels de concombre à la coréenne permettent de venir accompagner certaines de vos bouchées. De grandes feuilles de shizo sont aussi proposées afin de faire de petits rouleaux de l’ensemble de la préparation alors à croquer en la mangeant à la main.
C’était époustouflant de plaisir et de fraîcheur. Alexandre maîtrise parfaitement les codes de la cuisine coréenne qu’il connaît extrêmement bien via de nombreux voyages sur place. C’était d’un très haut niveau, vraiment délicieux et magnifique.

Le sommelier Leny Michel propose une sélection au verre avec les plats du menu, fort bien conçue et apporte énormément d’explications sur les régions, les vignerons et les cuvées quasi tous en bio ou biodynamie. Des vins plus naturels ont enfin fait leur entrée à la carte l’an dernier (y’a même du Lijsternest à la carte !!) 👍🏼

On continue le voyage par une escale au Japon avec Chawanmushi de truite saumonée fumée à chaud, jus vert, sarrasin, œuf de truite mariné au saké. C’est le fameux « flan » japonais, souvent travaillé avec huître ou poisson, ici donc avec une truite saumonée succulente et ses œufs croquants. Le flan est fait à base de œufs des poules de la maison qui sont nourries avec tous les déchets des produits dont entre autres récemment du gras de bœuf Wagyu travaillé en ce moment par le chef !! Fantastique ! Ce plat, que le chef a récemment servi à la fille de l’empereur du Japon, était d’une finesse et d’une délicatesse formidables.

On nous propose ensuite de goûter deux plats végétaux prévus dans le futur menu. Non, peut-être ? 🤔🤩

D’abord “Tomates de chez Geoffroy”, avec tsukudani d’algue nori, eau de tomate et vanille. Une composition travaillée très précisément, les tomates ont été mondées, puis sans leur peau, elles ont été marinées au vinaigre de prune umeboshi, puis leur eau a été extraite (elle sera utilisée dans la sauce qui est ajoutée à table). Même les condiments se trouvant par dessus ont subi plusieurs transformations avant d’arriver dans l’assiette.

Ensuite “Aubergine en plusieurs temps”, piquée pour la vider de son jus (sorte d’acupuncture culinaire): dégorgée, grillée et déglacée à la sauce yakinuku. Ail noir, sauce soja belge (produite au domaine de La Falize), noisette et citron caviar, complétaient le tableau. Tout ce travail produisait une texture fabuleuse et un umami profond. Les deux sauces se répondaient en une sorte de ying & yang buccal orgasmique. C’était une tuerie. J’aurais pu manger cela comme dernier plat et j’aurais été content.

Ces deux plats étaient remarquables et illustrent parfaitement la largesse de la palette aromatique végétale par rapport au monde animal. C’est un voyage multi sensoriel très étonnant et je trouverais très positif que le chef appuie cette direction dans ses prochains menus.

Notez que le sommelier propose aussi un accord de boissons sans alcool très intéressant et varié.

Nous reprenons le cours du repas avec le Homard bleu breton poché au
beurre noisette, poivron confit, tomate, bisque réduite au kasha grillé. La cuisson était parfaite, chair tendre et fondante, servie tiède ce qui augmentait l’impression de fraîcheur, alliée aux tomates et à la délicieuse sauce d’inspiration italienne, finement bisquée.

Une assiette totalement végétale ensuite, inspirée de la Corée, le Carotte de la Biosphère, gochugaru, pêche jaune, kumquat, et beurre blanc au kimchi. C’était une parenthèse en quasi monochrome orange plus un petit peu de jaune, avec une plénitude remarquable en bouche. Lény, plein d’à propos, nous a servi deux vins oranges différents pour qu’on compare. On était gâtés !

Pour suivre, l'iconique « Tarte de Chaumont-Gistoux » au caviar, tourteau et oursin. Elle est d’abord présentée à table entière, spectaculairement, sur un lit de vapeur d’azote provenant du bol lui servant de socle. C’est le plaisir des yeux. Le plaisir des papilles suit avec son service en assiette, entourée d’un beurre blanc frais. C’est totalement explosif, comme l’énoncé le laisse supposer vu les ingrédients. Top !

J’adore le fait que le chef souhaite aux convives, non pas d’avoir « bon appétit » mais il leur dit « amusez-vous bien ! ». Car c’est très juste. On vient au restaurant pour s’amuser, se distraire, être étonnés, se régaler. Pas juste manger.
Souhaiter « bon appétit » est d’ailleurs une insulte pour le cuisiner dans certaines ethnies car cela sous-entend qu’il faut avoir « vraiment faim » pour arriver à manger ÇA !! Bon appétit veut donc dire « bon ben j’espère que vous avez faim pour manger ça » voire « bon courage ! ».
Bravo donc Chef, pour ces « Amusez-vous bien » totalement judicieux. 👍🏼

Veslava vient alors nous proposer de choisir notre couteau. Chaque pièce est faite une essence de bois dont le nom est gravé sur la lame par le célèbre coutelier Depireux de Gembloux.

C’est parti pour le grand moment promis depuis l’anecdote des poules, LE fameux bœuf Wagyu A5 arrivé en direct du Japon. Il a été saisi finement au barbecue, servi « bleu chaud » avec une courgette superbement travaillée et savamment découpée, ail noir, condiment au wasabi, et des pommes amulettes (coquille volontaire) cuites au gras de wagyu !!! Vous ne pouvez pas imaginer le niveau de plaisir du premier morceau de Wagyu qui, sous la dent, explose en une projection circulaire de gras à 360* dans toute la surface dent vos muqueuses buccales ! Une projection, que dis-je, c’est une ej*******on que la viande vous envoie « dans la gu**le » et je choisis mes mots avec retenue !!
Au départ le chef proposait deux sauces avec ce plat. Il les a finalement enlevées, et il a eu raison : un produit de cette qualité doit se goûter seul, peut-être avec une goutte d’huile ou un petit trait de beurre glissé par-dessous. Top*ssime moment.

Nous fîmes l’impasse sur le fromage, qui est proposé en supplément OU en remplacement du service sucré.

Le joli dessert fut une belle conclusion à se magnifique repas. Meringue au citron noir, mangue (également déshabillée de son eau par pression), sorbet mangue et poivre timut, jus au lait de coco, tonka et miel de palétuvier. Je tairai le nom du pays dont le plat était inspiré pour la raison ajoutée en rose sur l’image par moi. Mais l’assiette était délicieuse, une portion menue parfaite pour conclure.

Quelques mignardises, pour finir, trois pièces dans de belles faïences dont une en forme de cabosse de cacao, superbe.

Quel beau repas ! Pour moi c’est clair, l’avenir est énorme et scintillant pour Alexandre Ciriello, d’ailleurs une salle complète quasi tous les soirs en est la preuve. Que cet avenir se situe dans une constellation étoilée, nous l’espérons. C’est incompréhensible que GaultMillau ne lui donne encore qu’un 15 (??) bien insuffisant, et surtout c’est CHOQUANT que Michelin ne lui ait pas encore accordé une étoile, car elle est totalement méritée depuis plusieurs années ! Allons ?? ALLEÏ !! 🤷🏼‍♂️🤔

En quelques années, on constate chez ce chef aussi ambitieux que talentueux une évolution aussi constante qu’enthousiasmante. Ses voyages fréquents, entre autres vers l’Est de l’Asie, lui permettent de renouveler régulièrement ses inspirations et ses influences. Un grand Bravo, moi je dis ! C’était un repas splendide et d’un niveau fantastique. Merci et bravo !!!

Le Vieux Château à Flobecq, Août 2026Quelle joie de retourner à Flobecq pour découvrir les créations estivales de ce che...
16/08/2026

Le Vieux Château à Flobecq, Août 2026

Quelle joie de retourner à Flobecq pour découvrir les créations estivales de ce chef merveilleux qu’est Tanguy de Turck !

C’est ma quatrième visite dans cet endroit formidable qui est en constante progression depuis ces dernières années. C’est un privilège de manger dans un restaurant dont ton expérience te confirme à chaque fois que c’est un « futur X🌟 » et que cette conclusion se vérifie d’année en année jusque-là. Voyons donc si ça se vérifie encore un fois.

Un peu de géographie d’abord. On est à Flobecq, l’absolu Nord-Est du Hainaut, au Nord de Ath, dans ce qu’on appelle le « Pays des Collines » hanté à l’Ouest par les terrifiantes Sorchiles d’Ellezelles !

Le lieu est très beau. Depuis la route on tourne dans le petit chemin pavé, on passe le grand portail de pierre, vers l’allée centrale verdoyante menant vers le petit parterre puis le grand « pont levis » par lequel on accède enfin au bâtiment. D’abord le hall d’entrée chaud et cossu, l’accueil classieux, les vieilles pierres faisant ensuite place à la modernité de la grande salle entièrement vitrée, élégante et lumineuse, ses tables parfaitement dressées, et tout y est splendide. Une classe internationale plane tout autour de cet endroit.

Une belle coupe de Ch*****ne Diebolt-Valois et un superbe Sekt brut nature de Riesling allemand pour débuter et on t’ouvre les papilles avec trois fort belles mises en bouche. Finies les petites bouchées, on va sur trois compositions très complexes et structurées :

« Ouverture du Chef » : maïs et cresson ! Tant mieux, ce sont deux produits que j’adore !!! Tuile de Maïs, tapioca mariné dans le jus de cresson, Mini-maïs tranchés, petite sauce épicée et coulis de cresson clarifié pour finir. C’était époustouflant ! Quel démarrage. On aurait pu avoir ça en entrée !

Tartare de Homard bleu, en forme de petite couronne, mayonnaise à l’aneth et couronne de riz noir soufflé. Il arrive entouré d’un coulis vert d’aneth et on vient ensuite servir par-dessus un coulis de Poivrons rouges pimentés. Le semble en devient totalement orgasmique.

Enfin, Gambero Rosso, superbe produit, servie froide avec une émulsion de Bisque et une eau de Tomates toutes deux délicieuses.

Le menu est de 5 services, plus un plat signature en option, et un menu végétal est également disponible.

On démarre ! Filet de Bar en cru, Tomates et Livèche : coulis de tomate Green Zebra et livèche, jalapeño, ail et trois variétés de vinaigres, avec chlorophylle d’épinards pour marquer la couleur. Un vrai petit jardin de feuilles et fleurs dont la capucine apportant une belle amertume. Le tartare de bar était d’une fraîcheur exceptionnelle et le jus acidulé rendait l’ensemble très gourmand. Grace à la multitude d’herbes, feuilles, pétales, petits croustillants etc, un peu dans l’esprit du Gargouillou de Michel Bras, chaque fourchette fut différente. Vraiment très bon.

La cuisine est entièrement vitrée, le spectacle est permanent.

On continue avec Cabillaud cuit à la vapeur, totalement nacré, enroulé dans une gaine de courgette jaune façon futomaki, avec les parures du cabillaud assemblées et une mayonnaise à base d’huile au chorizo.
Deux sauces, une sorte de beurre blanc au verjus et une salsa verde, un peu comme du chimichurri, avec les feuilles encore plus noir deux ce qui apportait de la mâche.

Le Vieux Chateau possède une des plus belles cartes des vins que j’aie vu depuis longtemps. Enorme livre à la superbe couverture en cuir, pages en carton, et contenu magnifique. Thomas Pico. Nicolas Joly. Clos d’Opleeuw. Tissot…. Des listes interminables de superbes domaines et cuvées. Bravo encore.

Homard bleu cuit au barbecue japonais, jus au kimchi, Fleurs de Fenouil, et Kimchi. C’était un plat plus simple, un tronçon de homard cuit comme il se doit, un peu ferme mais très savoureux, mais un peu dépassé par sa sauce, très puissante. Étonnamment sur ce plat, c’est l’accord sans alcool proposé par Davina qui allait le mieux avec le plat, une decoction de fruits rouges mélangée à je ne sais plus quoi. Ca venait bien laver la bouche de la puissance de la sauce, et au final c’est cette boisson qui équilibrait le plat ! 👍🏼

Le service est excellent, on est aussi dans un niveau multi-étoilé de ce côté. Beaucoup d’attention au détail, Davina la Maître d’hôtel vérifie tout à chacun de ses passages en salle.

Chariot de pains cuits chaque matin et chaque après-midi, présentés par une jeune boulangère, plusieurs huiles d’olive et un beurre travaillé, fleur de sel à table, brossage des nappes à différents moments. Petits poufs en velours gris pour que les dames y posent leur sac et les messieurs leurs téléphones ou autres accessoires. Top top.

Et voici le plat signature.

Langoustine bretonne, énorme (taille 3-4 au kilo) et absolument parfaite, pure, cuisson splendide, avec une belle quenelle de chez House Of Caviar, posé sur un magnifique petit écrasé de Ratte du Touquet au beurre et herbes, le tout arrosé d’un beurre aux zestes d’orange succulent.
… 🙀
J’ai pleuré.
Je ne dis pas ça à la légère.
J’ai mangé en poussant de longs soupirs de contentement et à la troisième cuillère, mon visage s’est figé et une grosse larme a coulé. Ceci m’est arrivé une quinzaine de fois seulement dans les trente ans de ma carrière de gastronome depuis 1994, de tchouler sur un plat. Dans ces cas-là, on ne se tortille pas à chercher une cotation ; si le plat vous a fait pleurer, c’est 20/20. 💎

Les deux sélections de vins proposées par le sommelier Tom Smet ont toujours énormément de sens, de beaux accords. Il est vraiment très talentueux. La sélection sans alcool était également fort intéressante, je la recommande en parallèle aux vins.

*** Si vous voulez faire une pause dans la partie « repas » de mon reportage, scrollez à la fin pour lire l’historique du restaurant et de son chef. Une grande leçon de courage. ***

Incartade purement végétale, nous avons choisi d’ajouter un des plats du menu végétal, le Wellington de Betterave ! Le plat a été créé entièrement par le second, le très talentueux Loane Macktelinck. Splendide croûte présentée entière à table à sa sortie du four, ensuite tranchée et servie avec une sauce au vin rouge et un petit croissant de pommes de terre. C’était délicieux, la betterave était ultra gourmande, très bien travaillée, surmontée d’une duxelle de champignons également succulents, la pâte feuilletée parfaite et la sauce superbe. Bravo ! Il ne faut pas hésiter à demander d’ajouter l’un ou l’autre plat végétal au menu ou au contraire, prendre le menu végétal et ajouter un plat carné. Je signale que le Vieux Château figure dans le top 100 des restaurants végétaux du monde sur la célèbre liste We’re Smart.

Je dois signaler qu’une belle chaise confortable pour mon ample séant avait été prévue, et qu’on m’avait indiqué de venir avec la voiture jusqu’au bâtiment afin de m’éviter la marche. Merci énormément. Et Bravo ! Ils ont également un accueil spécifique pour les PMR sur demande, vu les quatre petites marches à passer pour arriver. Top !

Enfin, le plat, un superbe bœuf Wagyu Kagoshima A5+ ! Une tranche à la cuisson bleue millimétrée, à la première pression des dents, une ej*******on de gras à 360* (un bœuf en 4DX!) recouvre toutes les muqueuses de votre bouche. Quelle claque !! Wow. En satellite, un petit tartare de Wagyu dans une petite ballotine végétale, puis une Pomme dauphine et jus de cuisson puis un sabayon au Sambai (un mélange japonais de vinaigre de riz, sauce soja et mirin). C’était un plat magnifique.

Nous avons vu passer le superbe chariot de fromages et c’est la Maître d’hôtel Davina Declerq, toujours aussi élégante, resplendissante et au sourire communicatif qui le présentait, mais vu notre beau menu, on n’avait plus la place donc on a pris une assiette pour deux. Le plateau offre un fort beau choix, suffisant, une sélection très éclairée, et aussi de beaux accompagnements, dattes, granola, confitures et plusieurs pains spéciaux.

Un fort beau dessert autour de la Framboise, le Pastis, le Sarrasin et l’Anaïs. Crèmes, sorbet, crème glacée, crumble, et framboises entières, le tout avec un fort bel équilibre sur la fraîcheur.

Suivirent quatre mignardises excellentes et pour repartir à la maison un petit sac cadeau contenant des marshmallows et des pâtes de fruits faits maison.

On a pas mal parlé avec le chef qui est extrêmement sympathique et fort présent en salle durant tout le repas.

WoW de WoW. 🌟🌟🌟 !! C’était vraiment top de top !!! On a vraiment très très bien mangé. Pour moi la deuxième étoile devrait être une évidence déjà, et je pense que ce chef à l’envergure d’un condor, planera certainement jusqu’au plus haut !

Mais que c’était bon !! Ce repas fut merveilleux. Je suis très heureux de pouvoir dire que cette maison a un futur géant et extrêmement brillant devant elle. Merci à toute l’équipe, c’était juste fabuleux. 👍🏼

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***

Un peu d’histoire.

Cela fait maintenant déjà bien longtemps que Tanguy de Turck a investi ce vieux château de la commune de Flobecq.

C’est en passant devant qu’il s’est demandé pourquoi ce joli bâtiment était à l’abandon. Il a décidé de le louer, de le nettoyer et le rénover, et d’y ouvrir un restaurant. Puis enfin, avec l’aide de ses parents, de le racheter.

Au départ il y a pratiqué une cuisine qui était cohérente avec vieux murs et boiseries, soit viandes, grande rôtisserie, bons plats classiques. En quelques années, il s’est fait un nom, et une première cotation : un fort bel endroit où l’on mange fort bien.

Ensuite ce fut la catastrophe car Tanguy de Turck contracta une maladie très grave qui nécessita 17 opérations au cours des deux années suivantes. Le restaurant connut des moments compliqués, par moment ouvert sans lui, mais aussi des fermetures pendant qu’il devait se battre contre cette maladie contre laquelle il finit enfin par triompher.

Après sa guérison, son courage n’avait fait que grandie et il a fait des travaux importants pour augmenter l’espace de salle par une véranda lumineuse et moderne, mais bec grande cuisine ouverte, sur l’aile droite du château, avec vue sur les douves et les jardins.

Il rouvre donc fin 2019 et quelques mois plus t**d BOUM, seconde catastrophe, le Covid quelques semaines après la grande réouverture, forçant le restaurant à fermer l’enfant presque un an et demi selon les divers confinements de 20 et 21, pile au moment où il avait le plus besoin de rentabiliser ce nouvel espace pour payer les travaux effectués.

Heureusement il arrive à survivre financièrement et ensuite rouvre le Vieux Château et a réussi à faire fructifier son nouvel écrin gastronomique pour le hisser de plus en plus haut. La cotation GaultMillau progresse lentement, par contre Michelin lui accorde une étoile en 2024 !

Le résultat est un véritable temple de la gastronomie à deux pas de la frontière linguistique, mais tout le monde s’en fout de cette frontière, ici on parle tout et on pense belge !

Adresse

Rue De La Chapelle 66
Marchienne-au-Pont
6030

Téléphone

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