09/03/2025
LA FÊTE DU TARO À BAMENDJINDA, ORIGINE ET SYMBOLIQUE
Elle se célèbre dans ce groupement situé dans le département des Bamboutos depuis sa création. Au-delà du côté festif et populaire, cet événement est un véritable rituel, un rendez-vous obligatoire pour la préservation des valeurs culturelles.
Par Roméo David MBE
Le taro se présente sous forme de tubercules et il existe deux types : les tubercules locales appelées Temban et le taro importé appelé Macomba ou autres.
À l'époque, le taro se consommait comme du macabo, on le trempait dans la sauce avec de le manger. Au fur et à mesure que certains notables prenaient de l'âge, ils perdaient leurs dents et avaient des difficultés à mâcher le taro en morceau. La décision de le piler avait pour but de leur permettre une consommation plus facile, ils trouvaient cette forme encore meilleure.
La fête du taro se célèbre dans plusieurs groupements mais à Bamendjinda, elle a un caractère populaire. En effet, la célébration se déroule entre la première et la deuxième quinzaine du mois de novembre. Elle permet aux notables initiés de goûter aux nouveaux mets. Tant que le rituel n'est pas fait, il est interdit aux notables de la classe d'élites totémiques de goûter, de manger le nouveau taro. Ces rituels ont pour but de quitter de l'ancien au nouveau taro. À l'époque, il était interdit de manger le nouveau sans au préalable faire des rituels, ceci pour permettre à l'organisme d'être en état d'accepter ce qui est nouveau.
Durant cette semaine de célébration, les notables se confinent chez eux, de temps en temps, en après-midi, ils se rendent au palais pour faire allégeance au Roi et échanger avec lui sur certains sujets. Certains notables sont envoyés dans les champs pour trouver des possions qui seront consommées comme entrée, avant le nouveau taro.