10/07/2026
Pourquoi les poules meurent-elles subitement la nuit et que doivent vérifier les éleveurs ?
Il arrive qu'une poule qui mangeait bien l'après-midi soit retrouvée morte le lendemain matin. L'éleveur, désemparé, se demande : « Mais cette poule allait bien hier ! » Pendant ce temps, les autres poules continuent de se promener comme si de rien n'était, l'air innocent, grattant le sol et attendant leur petit-déjeuner. Pourtant, une mort subite la nuit n'est pas toujours si soudaine. Souvent, le problème commence pendant la journée, mais la poule finit par succomber pendant la nuit, à l'abri des regards. La nuit est calme, sombre et stressante pour les volailles fragiles. Une poule déjà malade, enrhumée, en surchauffe, blessée, empoisonnée ou ayant des difficultés respiratoires risque de ne pas survivre jusqu'au matin. La première chose qu'un éleveur doit comprendre est la suivante : une poule morte peut être un accident, mais plusieurs poules mortes en une seule nuit constituent un signal d'alarme. Il ne faut surtout pas se contenter d'enlever les poules mortes et de continuer comme si de rien n'était. Les poules ne meurent pas en groupe parce qu'elles se sont concertées pour dormir à jamais. Il y a forcément un problème. L'une des principales causes de mortalité nocturne des poulets est une mauvaise ventilation. La nuit, les éleveurs ferment généralement hermétiquement le poulailler par crainte du froid, de la pluie, des voleurs, des rats, des moustiques ou des chats errants. Or, un poulailler trop fermé empêche l'air frais d'entrer et l'air vicié de s'évacuer. Les poulets inspirent de l'oxygène et expirent du dioxyde de carbone. Leurs déjections produisent également de l'ammoniac, surtout lorsque la litière est humide. L'accumulation d'ammoniac irrite leurs yeux et leurs poumons. Les volailles commencent alors à avoir du mal à respirer, toussent, éternuent, émettent des bruits respiratoires inhabituels et s'affaiblissent. Dans les cas les plus graves, elles peuvent mourir suffoquer silencieusement pendant la nuit. Si, en entrant dans votre poulailler le matin, vos yeux piquent, votre nez vous démange ou une odeur nauséabonde vous prend à la gorge, c'est que les poulets ont respiré un air vicié trop longtemps. Un poulailler doit être suffisamment ventilé sans pour autant laisser passer un courant d'air froid direct sur les volailles. Le stress thermique est une autre cause fréquente de mortalité. De nombreux éleveurs pensent que les poulets ne souffrent de la chaleur que l'après-midi. Ce n'est pas toujours vrai. Si le poulailler est chaud le jour et mal ventilé la nuit, la chaleur peut rester emprisonnée à l'intérieur. Les poulets de chair, en particulier, peuvent en souffrir gravement car ils grandissent vite, mangent beaucoup et sont lourds. Un oiseau souffrant de stress thermique peut haleter le bec ouvert, déployer ses ailes, boire excessivement, se coucher souvent et paraître épuisé, comme un éleveur après avoir couru après ses poules. Si le stress thermique devient sévère, certains oiseaux peuvent s'effondrer et mourir, surtout les poulets de chair. Par temps chaud, assurez-vous qu'il y ait suffisamment d'eau propre, d'abreuvoirs, une bonne ventilation, de l'ombre autour du poulailler et qu'il n'y ait pas de surpopulation. L'eau doit être fraîche et propre, et non chaude comme du thé. Les poulets ne demandent pas le grand luxe, mais ils ont besoin de confort pour survivre. Le stress dû au froid peut également tuer les poulets, en particulier les poussins d'un jour et les jeunes oiseaux. Lorsque les poussins ont trop froid la nuit, ils se regroupent sous la source de chaleur ou dans un coin. Il arrive que les poussins s'entassent les uns sur les autres, et les plus faibles peuvent suffoquer. C'est ce qu'on appelle l'entassement. Un éleveur peut se réveiller et découvrir un groupe de poussins morts dans un coin. Ils ne jouaient pas au football, ils cherchaient simplement à se réchauffer. Il est donc important de toujours vérifier la température la nuit, surtout pendant la saison des pluies ou l'harmattan. Observez le comportement des poussins : s'ils se serrent les uns contre les autres, c'est qu'ils ont froid ; s'ils restent loin de la source de chaleur et halètent, c'est qu'ils ont trop chaud ; s'ils sont répartis uniformément et se déplacent librement, la température est probablement adéquate. La surpopulation est un autre fléau silencieux. Lorsque trop de poulets sont entassés dans un petit espace, ils ne peuvent ni se reposer correctement, ni bien manger, ni boire suffisamment d'eau, ni respirer de l'air frais. La nuit, ils peuvent s'entasser les uns sur les autres, surtout s'ils sont effrayés par un bruit fort, un rat, un serpent, un chien, un voleur, le tonnerre, ou même par un poulet qui se met soudain à crier comme s'il avait vu un fantôme. Paniqués dans un enclos surpeuplé, les oiseaux se précipitent d'un côté et s'entassent. Les oiseaux situés au fond risquent d'être écrasés ou suffoqués. Cela peut entraîner de nombreuses morts en une seule nuit. Veillez à offrir aux oiseaux suffisamment d'espace en fonction de leur âge et de leur taille. Un poulailler n'est pas un bus où chacun doit se débrouiller. Les prédateurs peuvent également causer des morts subites la nuit. Rats, serpents, chats, chiens, oiseaux sauvages et même humains peuvent pénétrer dans un poulailler mal protégé. Les rats peuvent mordre les poussins. Les serpents peuvent avaler les poussins ou les œufs. Les chiens peuvent tuer des oiseaux par simple jeu et les laisser sur place comme s'ils les avaient tués. Vérifiez s'il y a des trous dans les murs.